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Publié le 24 Décembre 2016

Rituels de Noël chez Rolande

C’est l’effervescence chez Rolande quand revient Noël. C’est le jour où la maison et les convives revêtent leurs habits de fête. D’ailleurs peu importe si ce n’est pas précisément le 25 décembre, l’essentiel est de trouver une date qui rassemble la vingtaine de membres de la famille.

Rolande à 88 ans, c’est son dernier Noël mais elle ne le sait pas et l’on ne le sait pas. On ne sait jamais lorsque c’est la dernière fois et c’est pour ça qu’il est si important d’être là lorsqu’il est encore temps.

Pour le moment, elle trottine du four à la cave, de la salle à manger à la cuisine.

Le jour est arrivé et tout à l’heure la petite maison raisonnera des cavalcades des enfants, des rires des ados, des conversations des plus grands.

Tout est prêt, la grosse dinde repose sur le rebord de la cuisinière, elle embaume jusqu’au jardin, elle est dorée à point entourée de ses oignons caramélisées. Les asperges et leur sauce mousseline sont prêtes à déguster, le foie gras et ses toasts attendent d’être dressés.

La table de la salle à manger est démesurément longue et encombre tout l’espace, Rolande a rajouté des chaises et des tabourets et a sorti la nappe de fête, la vaisselle en porcelaine, les couverts en argent, les serviettes brodées….

Derrière la table, il y a le long buffet surmonté d’un grand miroir. Sur le buffet une collection hétéroclite de bibelots, de fleurs séchées, d’assiettes pour le service, la soupière en gré remplie de pâtes de coing et l’immense compotier débordant de clémentines, de noix et de raisins.

Rolande a accroché des guirlandes ici et là, dans le philodendron, dans le bouquet de chardons, après le cadre du pépé. Il y a des banderoles « Joyeux Noël » et « Bonne année » qui sont accrochées aux lustres rustiques. Le décor est désuet mais nous n’en voulons pas d’autre tant il nous est familier et rassurant.

A midi, les invités arrivent et entrent dans la danse des embrassades, de la joie de se retrouver, de l’émerveillement des enfants qui ont grandi, des questionnements du devenir des uns et des autres. Et l’on trinque à la santé de chacun en grignotant des mises en bouche.

Rolande préside au bout de la table, du côté de la cuisine, prête à jaillir à la moindre demande. Dans un rituel organisé se sont pourtant les convives qui à tour de rôle servent et desservent pour que la maitresse des lieux se repose et profite des siens. Les mets s’enchainent entrecoupés d’une blagounette, d’un jeu, d’une devinette…Les petits récitent quelques poèmes ou chantent papa Noël. Et puis voici les bûches, elles arrivent sur la table avec toujours un grand succès. Je sais qu’il y aura ma préférée au grand marnier tandis que d’autres se lèchent déjà les babines de celles au chocolat ou praliné. Les enfants réclament un champignon en meringue ou l’un des personnages décoratifs. Mémé Rolande sort ses coupes, de vieilles coupes en cristal ciselé qui datent de son mariage tandis que le bouchon de champagne saute dans un cri de joie général. Et l’on trinque à nouveau en trempant nos lèvres dans les bulles de la fête.

Et puis c’est l’heure de la vaisselle avec son organisation rodée pour débarrasser et faire la chaine devant le minuscule évier de la cuisine. Quelqu’un enfile le tablier en plastique de mémé et rempli de Paic le bac en inox, les femmes essuient, les hommes remportent la vaisselle propre, les gamins courent partout.

Puis peu à peu de petits groupes se forment, on papote dans un coin, on joue à la belote, au Trivial Poursuit, on organise des défis et mémé sort les assiettes de chocolats que l’on picore de gourmandise jusqu’au soir venu.

Vers les 20H, on se remet à table sans faim pour un petit potage, une tranche de galantine et le reste de la dinde avec une salade. Arrivés au dessert, Rolande s’éclipse doucement et chacun fait mine de se demander où elle a bien pu passer. Elle revient peu après, les bras chargés de cartons.

C’est l’heure de la distribution !

Dans une hiérarchie immuable, chacun reçoit ses petits cadeaux.

Les bébés ont droit à une boite de boudoirs et un petit jouet.

Les enfants reçoivent un jouet, une enveloppe et un sachet de chocolats.

Les couples de ses petits-enfants touchent une boite de chocolats et une enveloppe.

Les couples de ses enfants une boite de biscuits Delacre pour les dames, un sachet de chocolats pour les hommes et une enveloppe.

A notre tour, nous offrons quelques présents à Rolande et d’une année sur l’autre, elle s’extasie d’un nouveau chapeau, d’une robe de chambre, d’un repose pied, d’un micro-ondes ou d’un collier…

La nuit avance, il est l’heure de plier la table, de ranger les chaises et la vaisselle… La salle parait d’un coup immense et l’on ferme les persiennes qui étaient restées ouvertes.

Demain blottie dans son fauteuil devant les chiffres et les lettres, Rolande sourira encore de cette belle journée de fête.

 

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Publié le 6 Décembre 2016

Paris/Aubervilliers, hiver 1984

Paris gare de Lyon 

Emmitouflée dans ma doudoune blanche, une valise à la main et mon sac au dos, je débarque sur le quai le cœur battant.

Happée par les passagers qui se pressent rapidement vers la sortie,  je me retrouve bientôt sous la verrière. Chacun a l’air de parfaitement savoir où il va et moi je me fige, seule au monde, au milieu de cette ruche bourdonnante. La tête me tourne de toutes ces indications qui m’agressent : Métros, Bus, Taxis, Sorties….  

Je connais pourtant mon itinéraire par cœur, je l’ai étudié au moins dix fois dans ses moindres détails et j’ai dans la poche mon petit guide rouge au cas où.

Le malaise est passé, croulant sous mon barda,  je bouge à nouveau, en direction du métro. Un jeune homme me bouscule dans les escaliers et dévale les marches quatre à quatre. Un tuuuuut indique que les portes vont bientôt se refermer mais il saute malgré tout in extrémis dans la rame et esquive la porte dans un déhanché trahissant l’habitude. J’entends ensuite un couinement métallique et je vois le train s’engouffrer sous le tunnel noir. 

Je me range prudemment le long du mur en regardant avec peur la fosse au fond de laquelle courent les rails électrifiés. En attendant le train suivant, je scrute curieuse cet environnement insolite. Les néons blafards éclairent la station, sur le quai au mur carrelé se détachent en lettres blanches sur fond bleu "Gare de Lyon" , un clochard est étendu de tout son long sur des sièges en plastique, à ses pieds une bouteille de vin à demi pleine et un sac poubelle qui cache à peine ses quelques hardes.

Le silence se fait quelques secondes puis l’on entend de nouveau le grincement du métro et le claquement des portes qui s’ouvrent.

A peine suis-je montée dans la rame que la sonnerie longue et stridente retentit. Les voyageurs s’entassent, casent leurs valises entre leurs pieds. Les odeurs se mêlent, les corps se touchent, les mains s’accrochent aux barres métalliques maculés de traces  de doigts sales. La rame s’ébranle en secouant ses passagers, je m’habitue aux bruits de ferrailles, aux grincements des freins, aux sonneries monocordes, aux portes automatiques qui s’ouvrent et se referment à chaque station. Accrochée à mon sac à main en bandoulière, je jette régulièrement  un coup œil à la ligne affichée au-dessus de la porte. Je descends à Châtelet et je me surprends comme les autres à accélérer la cadence dans les interminables couloirs.

Puis je me pose sur un strapontin dans une rame presque vite et je suis des yeux le défilé des stations avant de descendre à mon terminus  Aubervilliers Quatre chemins.

Aubervilliers

 En  descendant la grande avenue, le choc est grand. Où sont mon petit village, le magasin de mes parents, ma maison douillette, mes amis d’enfance, mon chéri...Je suis de nouveau perdue dans la grande ville, seule sur un bout de trottoir où une foule cosmopolite va et vient indifférente à ma présence. Je soupire résignée et je me dirige courageusement vers le foyer de jeunes travailleurs qui va m’héberger durant trois années.

Je découvre un immeuble de neuf étages aux façades ornées de plaques en béton moulurés et de carrés  colorés.  Je suis exténuée et bien contente de découvrir enfin  mon domaine. Je loge au 4ème étage, tout au bout d’un couloir. La chambre aux rideaux jaunes dispose d’un petit lit, d’une commode avec un plan de travail amovible qui s’adapte astucieusement sur le bois du lit. Il y a un lavabo caché derrière un rideau et un petit placard / penderie. La fenêtre s’ouvre sur un minuscule rebord qui servira l’hiver de réfrigérateur et l’été de sèche-linge. La vue est imprenable sur la caserne des pompiers en construction et sur la ville grise. Les douches et les toilettes sont au palier, le self-service au 9ème étage.

J’ai l’impression de me retrouver à l’internat du lycée, la liberté de mouvements en sus.

Toute la journée, un haut-parleur appelle des locataires au téléphone, on prend la ligne sur le palier pour des conversations dont profite tout l’étage. 

Les premiers temps des voisins bien intentionnés ne cessent de venir frapper à ma porte pour me souhaiter la bienvenue, m’inviter à boire un pot ou m’emprunter un fer à repasser à trois heures du matin.

J’ai envie de pleurer, j’ai peur et je me demande ce que je fais là. Je ne suis encore qu’une gamine de 19 ans mais je ne peux plus reculer, je démarre le lendemain matin mon 1ère emploi au centre de recherches Rhône-Poulenc  et ça c’est quand même une belle opportunité!

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Publié le 18 Novembre 2016

Allo Béa, j’y vois plus très clair

Allo Béa, ça va?

Moi, hier, j’étais chez l’ophtalmo au centre hospitalier, c’est flambant neuf dis donc! A l’accueil il y a un distributeur de tickets pour attendre ton tour aux guichets comme au rayon fromages de l’hyper.

J’étais à peine arrivée que mon numéro s’est affiché sur le compteur numérique mais je ne savais même pas où me diriger.

En fait c’était inscrit : N°56, guichet 4 . J’étais pas plus avancée, je voyais pas lequel c’était le 4.

Mes yeux balayaient de gauche à droite, de haut en bas tous les postes d’accueil et je ne voyais pas. Surtout qu’il y avait deux nénettes qui bavardaient et qui n’avaient pas vraiment l’air d’être en service.

Madame c’est inscrit au-dessus me souffla une voix.

Ah, oui, un énorme 4 se détachait en noir sur le bandeau du comptoir, il était tellement gros que je ne l’avais pas vu.

Oui, tu l’as dit, il était temps que je le fasse mon contrôle ophtalmo.

Me voilà donc à mon guichet assise sur une fesse.

- Carte vitale, carte de mutuelle, carte d’identité, adresse, téléphone… me demanda la voix automatique de la secrétaire médicale.

Et là j’ai pensé en farfouillant dans mon sac: J’ai un alibi madame, j’vous jure, j’ai rien fait.

Et tandis qu’elle enregistrait mes documents, voilà que la fille me dit joyeuse et affirmative : On se connait.

Et là, je l’ai regardé ahurie alors qu’elle enchainait: Mais si, rappelle-toi, je suis Machine Duchmole, on a travaillé ensemble, il y a dix ans. C’était du temps de Jacqueline Bidule et Mauricette Truc chose.

- Ah oui Machine, lui répondis-je en feuilletant en accéléré ma mémoire décennale. Bin dis donc, je t’aurais pas reconnu ! Tu m’as reconnu toi?

Et dans ma tête, je me récitais avec l’accent, la réplique culte de Rabbi Jacob

 Ti me riconnais, non et bien moi non plus

- Ne ris pas Béa, c’était exactement ça.

Et la fille a poursuivi: Oui, je t’ai reconnu tout de suite, t’as pas changé.

Tu parles, elle tenait ma carte d’identité dans sa main la flatteuse Et bla, bla, bla qu’est-ce que tu deviens et tu te rappelles et bla, bla, bla….  

Bon, allez va t’installer dans le salon rose, on va t’appeler.

Pour être roses, elles sont roses les banquettes de la salle d’attente n° 1 et elles étaient archi bondées au point que deux personnes ont dû s’écarter pour me faire une petite place.

Il faisait chaud, tu peux pas savoir. J’ai quitté mon manteau que j’ai dû garder sur mes genoux avec mon sac, j’ai serré les fesses, j’ai rentré mes jambes et recroquevillée sur mon siège, en apnée, j’ai commencé à patienter dans mes vingt centimètres carrés qui ne respectaient pas du tout , du tout ma zone d’intimité.

Tu y es déjà allée Béa depuis les rénovations? Non et bien la salle d’attente est ouverte sur un long couloir bordé de portes bleues. Les praticiens sortent à intervalles réguliers et appellent les patients: Mme Jacquet, M Vignon, la petite Chloé Dubourg, Famille Girard et les gens se lèvent, rentrent et sortent et se rassoient puis sont de nouveau appelés dans un balai incessant.

Je ne comprends rien, de rien à leur système en ophtalmo.

A un moment, un médecin pas commode a appelé : M Belleville, M Belleville, M BELLEVILLE.

L’homme n’était  pas là. L’ophtalmo est sorti dans le couloir, s’est rendu dans la salle d’attente jaune, s’agaçant en appelant encore plus fort encore

M BELLEVILLE

puis il a fini par hausser les épaules en consultant sa liste.  

Peu après à l’autre bout du couloir,j’ai été appelée par un orthoptiste,

Oui Béa, un orthoptiste, un jeune mec au jean slim, en baskets avec une blouse ultra courte qui semblait sortir de la cours du lycée.

- Bonjour madame, je vais vous faire un examen de vue et ensuite vous verrez le docteur.

Et oui, ce sont les orthoptistes qui font les examens de vue maintenant.

Menton, front dans la machine. A vos marques prêt, lisez!

Œil gauche : Impec

 

Œil droit: Les petites lignes étaient flous, je ne voyais rien

Il a mis un verre correcteur et m’a demandé si c’était mieux ou moins bien.

Et moi, je n’ai vu aucun changement comme à chaque examen de vue que je fais depuis que je suis petite.

Et dix fois de suite il a bidouillé ses verres en s’acharnant : mieux ou moins bien, mieux ou moins bien….

Et moi, dix fois:je lui ai répondu : idem.

Il s’est acharné en me demandant de fixer le L et de me concentrer. c’est mieux ou moins bien a-t-il éructé pour la xième fois.

Je me disais, il faut surement que ça soit mieux alors je lui dis : Heu peut être mieux, encore que remettez celle avant, heu non en fait non celle-là est mieux, heu non en fait ça change rien. Je vous assure, c’est PAREIL

Et le mec ne comprenait toujours pas que je ne vois pas mieux avec un correction et  il a décidé de m’envoyer à l’imagerie pour être plus sur, a t’il ajouté.

- Ah bon, ai-je dit étonnée, vous savez ce problème-là, je l’ai depuis l’enfance, il y a rien de nouveau.

Et là, une lumière s’est allumée dans sa tête d’orthoptiste. Le jeune blanc bec à slim qui lui comprimait les coucougnettes sous sa blouse ultra courte m’a demandé si j’avais déjà eu un strabisme.

Je lui ai répondu que oui lorsque j’étais petite et il m’a demandé s’il était convergent ou divergent (le strabisme, lol). Et devant mon ignorance, il a décidé de faire un examen d’orthoptie complet.

Il a saisi un petit crayon terminé par un cube dont les faces étaient recouvertes de dessins enfantins et il m’a demandé de bien fixer le petit chaton.

Et il élevait la voix : NON NON sans bouger les paupières, ouvrez grand les yeux, regardez, Ne BOUGER PAS LA TÊTE , fermez, regarder, fixez,….

Tu parles qu’au bout de 5mn, n’importe qui verrait double à ce petit jeu-là.

- Effectivement, vous avez une petite séquelle de strabisme conclut-il content de lui.

A l’ouest rien de nouveau pensais- je mais bon, cet examen apparemment me dispensait de radio.

Je suis retournée m’asseoir dans l’espace rose fuchsia en attente de l’ophtalmo quand soudain blanc bec me rattrape, se ravise et m’envoie finalement en salon bleu pour l’imagerie.

Et là je me suis mise à baliser. Merde, ai-je pensé, de quoi a-t-il peur Slim-man. J’ai la DMLA, je vais devenir aveugle? Et je me suis jouée la scène de Marie dans la petite maison dans la prairie où elle hurlait: PAPA JE VOIS PLUS RIEN C’EST TOUT NOIR, NE ME LAISSE PAS.

Bref après le rose, me voilà dans la salle d’attente bleue où je me raisonnais en me disant que cet orthoptiste frais émoulu de l’école faisait un peu de zèle quand même.

A mes côtés, une jeune femme au téléphone se souciait peu de ses voisins.

 - Là, j’suis avec mémé qui passe des examens, bon ce soir on a Elodie et Fred, on fait une raclette. Allons puce quand même une raclette, c’est facile. Tu achètes de la charcuterie, du jambon blanc, du jambon sec, de la rosette, du salami, du chorizo pour toi et de la coppa elle dit mémé. Quoique j’aime pas la coppa, moi! Des patates, on en a des patates. T’aime mieux les roses, t’es difficile quand même et bla, bla, bla , bla. Bon j’vais te laisser, ça grésille là chéri, ça doit v’nir des appareils de l’hôpital…

Je te jure Béa, c’était palpitant la saga du saucisson!

Une heure plus plus tard, rebelote, menton et front dans le truc à imageries et j’ai demandé à la technicienne quel était cet examen et ce qu’on me cherchait? Elle m’a répondu laconique que je verrais avec l l’ophtalmo.

Ça m’a bien rassurée!

Nouvelle heure d’attente à flipper juste distraite par le nouvel appel de M Belleville qu’on avait enfin retrouvé.

J’ai enfin entendu mon nom et au bout du couloir et j’ai vu débarquer dans un ralenti parfait LE BEAU GOSSE, genre docteur des séries américaines, cheveux faussement ébouriffés, blouse négligemment ouverte, chaussures vernies et parfum envoutant.

C’était MON ophtalmo.

Et je me suis dit, ouh la la, je le vois très, très bien, je ne suis pas aveugle du tout, du tout.

Je me je me suis alors dirigée cheveux au vent vers la salle de consultation.

Beau gosse m’a demandé si j’avais des problèmes de santé. Je lui ai répondu non en bafouillant.

Il m’a expliqué que l’orthoptiste ne parvenait pas à obtenir dix à mon votre œil droit y compris en le corrigeant et qu’il fallait mieux vérifier. Deux minutes plus tard, il m’annonça que l’examen était normal.

Oui, Béa, tout ça pour ça. Après tu te demandes pourquoi y’a un gouffre à la sécu.

Sans rire, en deux heures de temps, j’ai vu trois autres dames qui ont été envoyées à l’imagerie.

Et bien Béa, c’est très utile les visites de contrôle, j’y vois d’un coup beaucoup plus clair.

Il faut bien rentabiliser les appareils dernier cri

du service ophtalmologique tout neuf!

Allez salut, à +

 

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Publié le 20 Septembre 2016

La fille qui ne voulait pas s’inscrire sur Facebook

Chère cousine,

Tu te souviens du jour où je t’ai proposé de t’inscrire sur Facebook pour recréer des liens qui se sont émoussés entre nous au fil des années?

Tu me répondis avec ironie et une fin de non-recevoir :

 Moi,  MES amis sont de chair et d’os

J’aurais pu me vexer de ce cliché grossier et combien restrictif mais je suis restée stoïque devant tes préjugés et ton refus de t’ouvrir aux nouveaux moyens de communiquer.

Comment peux-tu avoir une opinion aussi tranchée sur quelque chose que tu ne connais pas ?

Sache que Facebook, c’est trente-trois millions d’utilisateurs français.

Depuis sa création en 2004 et son réseau d'étudiants, il a gagné toutes les couches et les âges de la population. D’ailleurs les jeunes ont tendance à le délaisser pour des réseaux plus actuels. Ils ne veulent plus y trouver leurs parents et même leurs grands-parents.  

Alors tu vois, les plus de cinquante ans y sont largement représentés!

Ce mot « ami » qui a suscité ta réaction sont des personnes que l’on autorise et qui nous autorise à lire et commenter nos publications. Ce sont nos correspondants si tu veux.

Les principaux contacts de chaque utilisateur sont des gens de sa famille, des collègues, l’entourage, des personnes avec qui il a des relations sociales habituelles.

On trouve aussi dans le listing d’amis, des personnes rencontrées fortuitement au club de gym, à l’association du quartier, en vacances, en formation… On échange son "FB" comme autrefois son adresse postale.

Et puis tu sais, chacun partage ce qu’il veut bien dévoiler de sa vie, chacun maitrise son degré de diffusion et de confidentialité et la teneur qu’il donne à ses publications. 

Chacun reste libre et responsable de son profil.

Il y a de l’humour, les fleurs du jardin, la tarte aux pommes de mamie, les premiers pas d’Hugo, Marion à la plage, la rentrée  scolaire de Sophie, les tests préférés de Cécile, les jeux de Grégoire, les liens sérieux de Marie ….

Il y a autant de publications que de Facebookers  

Chacun prend plaisir à partager un peu de sa vie, à dévoiler un peu de sa personnalité, de ses engagements, de ses hobbies, de son blog

On commente, on s’amuse, on clique sur j’aime, j’adore, hi-hi, grr et l'on insère ces petits smileys rigolos 😃   🌈  🌸  💝  🚲  ⛵  😱  👀  👏   :*   🎩  🌴  👱

 C’est un peu régressif mais j’aime ça de ne pas trop me prendre au sérieux, de rire, de provoquer de réactions et d’avoir l’opportunité de créer des connivences.  

Mais Facebook, ce sont aussi des pages, des groupes à thèmes, des services, des entreprises, des médias…. les internautes se regroupent autour de centres d’intérêt, de causes à défendre.

Les gens font connaissance en ligne, échangent des idées, se soutiennent, s’entraident et finissent par devenir des familiers. Ces amitiés sont brèves ou plus durables et de nombreuses personnes se rencontrent un jour en vrai.  

Ce sont des relations actuelles, complémentaires des relations hors internet.

Il y a également une messagerie instantanée privée, Messenger.  

Malgré l’éloignement géographiquement, elle permet de rester en contact avec la famille, les amis. Elle permet de rester proches. Nous avons l’impression de ne jamais vraiment nous quitter tant nous faisons partie de la vie des uns des autres.

Le virtuel ne l’est plus vraiment tant la réalité s’imbrique avec le numérique. C’est un coucou, une photo, une conversation, une invitation, un rendez-vous, un livre, un film, une chanson, un article, un bon anniversaire, une bonne nuit, un bisou...

Alors chère cousine, tu ne fais pas partie de mes contacts virtuels puisque Facebook ne t’intéresse pas.

Et d’autre part comme ma chair et mes os ne gravitent malheureusement pas vers chez toi et que les tiens ne viennent pas chez moi, j’en conclus que nous ne sommes pas vouées à être amies. Nous sommes justes cousines, de fausses cousines qui ne se voient plus mais qui auraient pu retrouver une complicité grâce à un réseau social. Dommage!

Allez, sans rancune, rendez-vous en janvier sur nos cartes de bonne année ! 😜

 

La fille qui ne voulait pas s’inscrire sur Facebook

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Publié le 18 Septembre 2016

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Publié le 7 Septembre 2016

Allo Béa, je passe en caisse

Allo Béa, ça va ?

Moi ? Oh si tu savais, je reviens de l’hyper, une vraie galère. Ça grouillait de monde là-dedans et avec les travaux d’agrandissement, quel bordel!

Tu trouves les saucissons en face des soutiens-gorge…Tu te rends compte, ça fait envie !

Après une heure de slalom, j’arrive enfin en caisse et là t’aurais vu, que des files interminables et des chariots archi bondés.

Bon, je me décide pour la six et comme d’habitude, je vois que la sept avance plus vite.

Y’avait un môme qui braillait dans un caddy et la mère qui ne disait rien. Ça sentait le camembert et il faisait chaud, l'horreur!

Et là, ça avance plus et qu’est-ce que je vois trois places devant ? La caissière qui téléphone et puis une employée à roulettes qui file dans un rayon.

Manquait plus que ça !

Allo Béa, je passe en caisse

Quinze minutes plus tard,  je positionne enfin le chevalet « client suivant » et  je déballe mes courses sur le tapis roulant, tu sais les grosses courses du samedi.

Le tapis était bondé, j’entassais les derniers trucs en équilibre en priant que rien ne tombe et j’attendais que la cliente précédente ait fini de remballer.

L’hôtesse de caisse en a profité pour passer un petit coup de pschitt puis elle a causé à sa copine : Eh  Jeanine c’est quand ta pause et bla, bla, bla… Elle a ensuite fait tourner son tabouret, mit ses doigts à sa bouche, replacé une mèche de cheveux et baladé son regard vide de droite à gauche en attendant que la cliente règle ses achats.  

A un moment, ses yeux ont croisé les miens. Je lui prépare alors mon plus beau sourire et un bonjour. Et bin, tu m’aurais vu, je me suis retrouvée toute conne avec mon sourire avorté et mon bonjour ravalé. Elle ne m’a pas calculé, mais alors pas du tout, du tout.

Puis j’ai vu ses grands ongles manucurés tapoter d’impatience car la cliente n’en finissait pas de chercher sa carte de crédit.

Enfin, c’était mon tour, j’ai franchi le portique de sécurité, soulagée de ne pas sonner. Mais si rappelle-toi Béa, la fois où je me suis retrouvée pieds nus car mes chaussures n’avaient pas été démagnétisées.

Allo Béa, je passe en caisse

Bref,  je me mets en mode turbo, sac en bandoulière et mains automatiques pour saisir mon premier article et là j’ai droit au protocole « Accueil de caisse ». Tu sais, le sourire ultra Bright  assorti du bonjour monocorde. Et pis c’est tout, ma vieille, j’ai pas eu un mot de plus, la fille s’est mise à scanner et moi à speeder.

Je me suis mise à remplir mes sacs à l’arrache car les courses déboulaient genre pop-corn qui sortent d’une casserole sans couvercle.

A un moment, j’ai vu son avant-bras qui poussait le tas qui s’accumulait parce que je n’allais pas assez vite.

J’ai senti une petite suée sur mon front parce que j’avais encore plein de trucs à ranger. Et là, j’ai entendu la voix aigüe qui m’annonçait le prix à payer, réclamait ma carte de fidélité et mon pedigree …. Et moi je pensais, purée, si les œufs s’en sont sortis, j’aurais de la chance. 

Payement accepté!      

Elle m’a alors tendu les deux mètres de ruban de caisse et m’a dit au revoir.

Une boîte de cassoulet encore à la main j’ai voulu répondre au revoir mais elle ne me regardait déjà plus. Un jeune homme à barbe venait de passer le portique protocolaire.

Sourire, bonjour, scanne des packs de bière.

J’ai poussé vite fait mon chariot dans l’allée pour dégager le terrain, me débattant  avec ma carte, mes tickets à plier, un chou-fleur qui se barrait et j’ai pensé comme dans un jeu quand on regagne son camp : ouf, je suis sauvée !

Allo Béa, je passe en caisse

 Sinon Béa, t’as essayé le Drive ? Confortablement installée dans ton canapé, tu mets des articles dans ton panier virtuel et tu les récupères au dépôt à l’heure qui te convient.

Je te préviens quand même, fais gaffe de bien cliquer où il faut. Un jour, je me suis retrouvée avec deux lots de 6 boîtes de thon et trois kilos de courgettes.

Non mais sinon, c’est bien le Drive, l’employée est vachement plus aimable qu’en caisse.

T’as qu’à voir? Y’a pas longtemps au moment de récupérer ma commande, elle m’annonce qu’il manque les melons. Je lui demande comment ça se fait vu qu’ils étaient disponibles sur le site. Et voilà qu’elle me toise en me disant que ce n’est plus la saison. J’en suis restée coite, c’est vrai que fin août, c’est plus la saison des melons ! 

Bon, en fait, ce que je préfère, c’est la solution scanette. Tu connais l’adage on est jamais mieux servi que par soi-même.

Tu passes ta carte sous un lecteur, tu saisis la scanette qui clignote et tu vois s’afficher : Bienvenue Madame Cliente.

Enfin quelqu’un de sympathique dans ce magasin.

Allez Béa, bisous, à plus.

Allo Béa, je passe en caisse

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Publié le 3 Septembre 2016

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….
Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu dois tendre les bras pour lire ton dernier best-seller et que tu finis avec une paire de lunettes progressives sur le bout de ton nez.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu ne dors plus que six heures par nuit et que tu dois te lever pour faire pipi.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu te lèves le matin avec des douleurs partout et que ton médecin te dit qu’il n’y a rien à faire que c’est l’arthrose de la cinquantaine.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu dois passer ta première mamo de dépistage et que tu te retrouves un beau matin avec les nénés écrabouillés entre deux plaques de plexiglas.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu reçois le catalogue Daxon dans ta boîte aux lettres et que tu revois en un éclair les robes-tabliers de ta grand-mère et ses cœurs croisés de Playtex.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu te surprends à dire lorsque j’étais jeune ou de mon temps….

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu manges des yaourts Taillefine, cinq fruits et légumes par jour et trois tablettes de chocolat et que tu continues à t’arrondir.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tes dernières collègues sont plus jeunes que tes enfants et que la petite stagiaire te vouvoie en t’appelant madame.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Quand tu tapes ménopause sur Google.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu enfiles une minijupe et qu’elle finit illico presto à Emmaüs.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

La vendeuse de Séphora te dévisages un long moment alors que tu tapotes ton code en caisse et te glisse discrètement dans ton sac, des échantillons antirides, liftant + et coup d’éclat.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

On te dit que tu ressembles de plus en plus à ta mère.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu déjeunes le matin avec des céréales spécial K, des flocons d’avoine et du jus de pruneau (tu vois ce que je veux dire).

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu chantonnes, mangez la banane par les deux bouts ouin, ouin et qu’on te demande si tu te sens bien.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Quand dans la terrible épreuve du miroir grossissant pour t’épiler les sourcils, tu ressembles à un vieil éléphant du zoo de Vincennes.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Tu reçois de la pub pour t’abonner à Pleine vie avec des communiqués pour monte escaliers.

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

Ton banquier veut te refourguer des assurances- vie pour préparer ta succession.

Tu as coché la plupart des affirmations ci-dessus, Bienvenue au club de quinquas.

Mais n’ai pas peur, médites cette citation de Marie-Louise Audibert

Vieillir c'est s'arracher à soi, un soi habituel, commode, et en même temps s'approcher du noyau dur. Plus tu vieillis, plus tu es. Plus tu t'effaces, plus tu es là. Finis les masques et les stratagèmes.
 

Et oui,

Plus tu vieillis, plus tu t’approches de la quintessence de toi même

 

C'est beau non?

 

Tu sais que tu as cinquante ans quand ….

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Publié le 23 Août 2016

Laver son linge sale

Laver son linge est aujourd’hui une activité rapide et quotidienne. Nous enfournons chaque jour dans le tambour, des vêtements à peine portés pour des cycles courts à 30°C. 

Il fut pourtant un temps avant l’apparition de la machine à laver où cette corvée mobilisait toutes les forces de la femme au foyer et ceci des jours entiers.

C’était le temps de la lessiveuse, vous savez cette lourde marmite de zinc munie d’une tubulure centrale, qu’on remplissait d’eau et de paillettes de savon et qui chauffait sur le poêle ou la gazinière.

Laver son linge sale

Dans les années 50, ma grand-mère soufrait tellement de sa sciatique qu’elle fut un temps dans l’impossibilité d’entretenir le linge pour les quatre personnes vivant à la maison.

Porter la lessiveuse sur le feu, la remplir à la casserole, ressortir les draps pesants, dégoulinants d’eau, les mettre dans la grande panière en osier, les porter au lavoir pour les frotter à la brosse à chiendent, les battre, les rincer, les tordre devenait au-dessus de ses forces.

Sa jambe était coincée au point qu’elle se déplaçait le genou sur une chaise.

Marcelle dut se résoudre à embaucher une aide. Elle chercha longtemps dans le pays mais toutes les bonnes laveuses étaient prises. La seule qu’elle trouva, fut une vieille bohémienne qui louait ses bras pour quelques sous. On la nommait la Parapluie car elle réparerait des baleines d’ombrelles et de parapluies.        

La Parapluie arriva donc un beau lundi avec un grand sourire édenté qui la faisait ressembler à une sorcière. Elle ne sentait pas très bon et ses mains n’étaient pas très propres mais Marcelle n’avait pas le choix.

D’ailleurs, elle était forte comme un homme cette Parapluie et portait brassées sur brassées sans jamais se plaindre.

Marcelle soupirait en voyant son beau linge blanc pressé contre la robe douteuse mais que faire avec cette douleur dans le dos qui ne la lâchait pas.

Par temps de pluie, l’histoire se compliquait car la Parapluie saisissait sa brouette et emmenait le linge dans son antre. Il revenait puant le vieux grenier, l’urine de chat et le fumier.

Marcelle n’en pouvait plus.

 

Laver son linge sale

Faute de laveuses expérimentées, il fallait absolument trouver une solution.

En 1955, les premières machines à laver arrivèrent sur le marché.

Marcelle eu connaissance que sa cousine s’était équipée et c’est comme ça qu’un beau dimanche, toute la famille fut invitée à assister à la première lessive automatisée.

En arc de cercle dans l’étroit cagibi, les bonnes femmes rassemblées commentaient l’événement sous le regard vaniteux de la maitresse de maison. Tout y passa, marque, prix exorbitant, fonctionnement et même en catimini quelques propos acerbes sur l’hôtesse.  

Marcelle en première ligne ne s’intéressait qu’à l’engin et quelle ne fut pas sa déception, lorsqu’elle se rendit compte que cette Laden ne servait qu’à rincer et n’épargnait  nullement ni  la corvée de la lessiveuse, ni celle de l’essorage aux rouleaux.

Et bien, dit -elle résignée c’est pas demain qu’on se débarrassera de la Parapluie.

Mais dans les années 50, le progrès galopait vite et quelque mois plus tard, voici la première machine chauffante.

Cette fois ci fut la bonne et mes grands-parents raclèrent leurs fonds de tiroirs pour acquérir ce merveilleux appareil.

Au revoir Parapluie !

Laver son linge sale

La machine fut enfin en place dans la cuisine. Imaginez, une grande cuve émaillée avec un disque tournant en caoutchouc et des palmes pour brasser. Une rampe à gaz sous la cuve qui assurait le chauffage et un petit moteur pour vidanger.   

Et rien n’était perdu, on récupérait l'eau savonneuse de lavage , le lessi, pour la tournée suivante.

Il fallait ensuite saisir le linge bouillant avec de longues pinces puis le passer entre deux rouleaux pour extraire l’eau sale puis le renfourner dans la machine pour rincer et ceci à trois reprises.

C’était encore laborieux mais quelle révolution !

Marcelle n’a jamais perdu vue cette brave Parapluie. Elle la croisait dans le quartier avec son grand cabas  et elle s’arrêtait de temps à autre pour boire le café.

Je crois bien qu’elle a laissé la lessive et s’est remise à réparer, devinez quoi, des parapluies!

Quelques chiffres: En 1954 8,4% des ménages étaient équipés d'une machine à laver le linge, une machine qui restait chère (en 1950 une machine à laver de bonne qualité équivalait à quatre mois de salaire "moyen").
Source : http://www.chartres.fr/fileadmin/user_upload/Actus/Pdf/DP_annees_50__GOOTENBERG_OK.pdf

Et en photo de couverture, la mère Denis, l’héroïne d'une publicité des années 1970.
Vedette mérite votre confiance chantait la pub et la mère Denis répondait ça c'est vrai ça!

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Publié le 21 Août 2016

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Publié le 15 Août 2016

La vallée des rois

Egypte, chapitre 6

Nous traversons le Nil dans un petit bateau blanc orné de frises multicolores.

Quelques minutes plus tard nous débarquons sur la rive gauche, celle où le soleil se couche, celle des sépultures des rois et des reines.

La vallée des rois

Après ¾ d’heure de bus et un petit coucou aux colosses de Mémnon, nous arrivons à la vallée des rois.

La vallée des rois
La vallée des rois
La vallée des rois

Malgré l’heure matinale, la chaleur est à la limite du supportable et nous nous enroulons la tête avec des fouloirs pour nous protéger du soleil.

Un petit train nous conduit dans un site immense au cœur d’une montagne aride : la vallée des rois.

De toutes parts des groupes vont et viennent, les explications des guides s’entremêlent dans toutes les langues.   

Emad nous donne quelques informations sur le culte des morts.

Les Egyptiens croient à la résurrection de l’âme. Les morts de l’Egypte ancienne sont embaumés, momifiés puis ensevelis dans des sépultures qui varient suivant les époques et le rang social.

Dans la vallée des rois, les rochers dissimulent des hypogées d’une soixantaine de pharaons du Nouvel Empire (environ 1530-1069 avant J.-C.).

Les tombes sont entièrement dissimulées dans la montagne, ne laissant visibles que de petites portes pour y accéder.

Nous empruntons de longues galeries inclinées puis nous traversons plusieurs pièces multicolores. Des vivres et des meubles y sont entreposés pour la vie éternelle. La dernière salle est celle du sarcophage où reposaient les dépouilles des pharaons.

Les murs des galeries et des pièces sont ornés de hiéroglyphes, de dessins et de bas-reliefs dont la plupart ont conservé leurs couleurs. Chaque fresque raconte la vie quotidienne et le monde de l’au-delà. Les scènes doivent aider les défunts à passer dans l’au-delà.

C’est émouvant et tellement grandiose.

La vallée des roisLa vallée des roisLa vallée des rois
La vallée des roisLa vallée des rois

Il y a une foule impressionnante qui patiente sous un soleil de plomb pour visiter le tombeau de Thoumosis III. Il est situé au bout d’une faille étroite. Il faut grimper dans la montagne par une échelle métallique puis redescendre à pic par un boyau cimenté jusqu’aux entrailles de la terre.

On se croirait en enfer tellement il fait chaud, il n’y a pas d’aération et les touristes se succèdent dans un ballet incessant qui soulève la poussière et rend l’air irrespirable. 

Un dernier escalier nous mène au plus profond, dans la salle ovale du sarcophage.

En file indienne, nous remontons vite à l’air libre pour échanger nos impressions à l’ombre de la montagne.  

Les Egyptiens considèrent que l’homme est composé de plusieurs dimensions :
- le djet : le corps à momifier
- le shouyt : l'ombre  
- Le ren : le nom
- le ba : le principe spirituel enfermé dans l’homme prenant son envol à la mort du défunt. Il reste attaché au corps qui doit donc rester intact par la momification.
- le ka : l'énergie vitale statique qui naît en même temps que l'humain et qui survit après la mort. C’est un double divin   
- l'akh : l’esprit lumineux qui vit aupr
ès du Dieu Ré  après la mort.

C’est complexe mais passionnant.

La vallée des rois
La vallée des roisLa vallée des rois

Sur le chemin du retour, un ouvrier égyptien perché sur son tracteur semble indifférent aux touristes et à la chaleur, il trimbale sa bombonne avec beaucoup de bruit et de sérieux.

Vite, se désaltérer dans le bus climatisé !

Scènes de vie quotidienne
Scènes de vie quotidienne
Scènes de vie quotidienne
Scènes de vie quotidienne
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