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Publié le 19 Juillet 2017

Le terrain

C’était comme ça que nous appelions l’aire de sport située derrière le préau de l’école primaire. C’était un grand carré de pelouse et un terrain de basket avec en bordure une poutre métallique, un portique à agrès et une piste de saut en longueur.

Je devais avoir une douzaine d’années lorsque j’ai commencé à fréquenter ce lieu avec d’autres enfants de mon âge. Cet espace plus éloigné de la place du village était désormais plus conforme à nos années adolescentes.

Nous jouions au basket sur le terrain goudronné et la moindre bousculade  nous valaient des chutes qui nous éraflaient les cuisses et nous couronnaient les genoux. Nous adorions le ballon prisonnier, les matchs de foot et les parties de rugby où nous nous plaquions au sol et roulions dans l’herbe comme de jeunes chiots. Les plus habiles grimpaient aux barres du portique et faisaient le cochon pendu, les grands bêtas escaladaient les panneaux de basket. Le terrain servait également à faire du patin à roulettes.

Et puis, il y avait ces concours d’opposition que nous faisions sur la poutre verte. Face à face, il s’agissait de lutter avec les mains pour  faire tomber l’adversaire. Thierry, un grand du bourg dégommait un à un les plus petits et il resta longtemps invaincu jusqu’à ce que vint mon tour. Bien déterminée, je le poussais de toutes mes forces avant qu’il n’ait eu le temps de reprendre son souffle et à mon grand étonnement, il tomba, il tomba et se cassa le bras.

Et oui, nos jeux d’enfants pouvaient être dangereux !

Deux ans plus tard, lorsque l’été revint, les garçons avaient troqué leurs bicyclettes contre des scooters qu’ils faisaient pétarader pour nous épater.

Aujourd’hui encore, lorsque je vois des jeunes gens cabrer leur engin et que je sens l’odeur de « mobylette », les souvenirs de mes quatorze ans refluent dans ma tête.

« Les filles, rendez-vous ce soir au terrain ! »

nous lançaient les Casanova en herbe.

Ce ne fut pas une mince affaire que de convaincre les parents d’aller un moment au terrain après dîner. Il fallut dire qui serait là, promettre de ne pas faire de bêtises et de renter à l’heure. Sitôt le dessert avalé, notre bande de jeunes aux cheveux longs et aux blues-jeans à paths d’éph se dirigeaient joyeusement vers le terrain. Quelles étaient douces nos soirées d’été. Une radio à la main, nous écoutions le hit-parade et reprenions en cœur Ti amo  d’Umberto Tozzi ou You're the one that I want de John Travolta.

Et puis sevrés d’activités, nous nous asseyions en cercle dans l'herbe chauffée par le soleil de la journée et nous refaisions le monde, gouttant à l’ivresse de cette toute jeune liberté.  

Souvent le silence nous rattrapait au fur et à mesure que le soleil déclinait. Le chant des grillons prenait alors toute la place, ils stridulaient invisibles dans le gazon coupé ras. Nous nous mettions à plat ventre pour les dénicher de leur trou ou cherchions quelques trèfles à quatre feuilles pour nous porter bonheur.

L’heure arrivait toujours trop vite mais nous savions que pour revenir demain, il fallait rentrer sans barguigner !

Bonne nuit les copains !

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Publié le 7 Mars 2017

Souvenirs du dimanche

Chaque dimanche les cloches sonnent à la volée pour annoncer la messe et tandis que les femmes et les gamins se pressent sur le parvis de l’église, les hommes se rendent au bistrot, au tabac ou au poste d’essence.

Comme tous les enfants du catéchisme, je m’installe sur les bancs de devant de la petite église du village, les filles à droite, les garçons à gauche. A tour de rôle, l’abbé nous demande de lire et remplis de fierté nous nous levons au pupitre. Deux autres enfants sont choisis pour faire la quête. Dans un rituel bien rodé, ils tendent les troncs de chaque côté des allées puis effectuent une génuflexion impeccable devant l’autel avant de porter les oboles à la sacristie.

En fin de matinée, à la sortie de l’office, le magasin familial est assiégé. Les ménagères profitent d’être au bourg pour faire leurs emplettes et les enfants restent indécis, de longues minutes durant, devant le rayon des bonbons, hésitant interminablement entre les multiples friandises

Mes parents s’affairent d’un client à l’autre, ma mère dans la boutique, mon père faisant des allers-retours du dépôt aux voitures de ses clients pour charger une caisse de vin, une bouteille de gaz ou un sac de granulés pour le bétail.

Ma mère renseigne patiemment les clientes les plus exigeantes en recherche d’un écheveau de fil à broder n°12 ou d’une paire de pantoufles fourrées et elle jongle entre la balance semi-automatique à deux plateaux et la trancheuse à jambon. Elle fourre une poignée de bonbons dans un sac en papier kraft du gosse qui n’arrive pas à se décider et encaisse un franc, elle attrape un bibelot en vitrine et court faire un paquet cadeau. Toujours souriante dans sa blouse blanche, elle reste aimable y compris devant les réflexions de quelques mégères qui s’offusquent des prix plus élevés qu’au supermarché de la ville. L’autre jour, il y en a même une qui a trituré une salade et l’a reposé en rayon la déclarant peu fraiche. L’épicière doit avoir un excellent caractère et se souvenir sans cesse que le client est roi.

Les jours d’affluence le pépé laisse son journal pour tenir la toute nouvelle caisse enregistreuse qui remplace depuis peu la vieille machine à calculer. La mémé elle ne parvient pas à abandonner son petit carnet publicitaire qui lui sert à faire les comptes. Le dimanche, on préfère la savoir dans sa cuisine où à peine rentrée de l’église, elle quitte son fichu, enfile ses savates et son tablier de nylon et s’active à préparer le repas dominical. Le menu est quasi immuable : tomates en salade en été ou friands à la viande en hiver, lapin à la moutarde ou poulet rôti avec des pommes de terre sautées, charlotte au chocolat ou clafoutis aux fruits du jardin en dessert.

Le dimanche, la fermeture du magasin s’éternise, il n’est pas question de mettre les clients dehors. Nous, les enfants avons appris, au fil des années, à patienter, à aller aider à rentrer les présentoirs, à fermer les stores, à passer un coup de balai. Mon père ramasse sa caisse, ne laissant que la petite monnaie. Chaque jour, je le vois compter les billets et les épingler par paquet de dix. Avec mes yeux d’enfant, je le crois riche et il m’explique que la recette n’est que le chiffre d’affaires et non pas le bénéfice.

Nous nous mettons à table à l’heure du petit rapporteur de Jacques Martin que nous regardons en mangeant.

Le café avalé, mon père et mon grand-père allument une pipe ou un gros cigare. Mon frère et moi grimpons alors sur les genoux paternels. L’enfance c’est aussi simple et doux que cela, une famille réunit après un dur labeur, une moustache de chocolat, une fumée de havane odorant, un présentateur qui chante à la pêche aux moules et l’amour de ses parents.

 

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Publié le 8 Novembre 2016

Sur la place du village

La courette fut bientôt trop petite pour contenir nos jeux et nos galopades alors nous migrâmes sur la place qui jouxtait la maison.

En réalité, il y avait deux places, celle de devant avec ses immenses tilleuls qui encadraient la porte de l’église et celle de derrière qui dévoilait un panorama imprenable sur la rivière.  

Le samedi ou durant les vacances scolaires, la place était le point de rendez-vous de tous les copains du bourg. Ils arrivaient à pieds, à vélo, en patins à roulettes et quelques années plus tard en mobylette.

La place de devant était le domaine idéal pour jouer au foot, dessiner des marelles ou jouer à chat.

Celle de derrière était destinée aux exploits les plus téméraires: se hisser sur la croix, longer la grille qui surplombait les jardins, escalader les murs derrière l’église et le summum, emprunter l’échelle métallique qui grimpait au clocher. Oui, oui comme dans Le grand Chemin nous étions espiègles, insouciants, libres.

Nos jeunes imaginations étaient sans cesse en éveil pour inventer une aventure ou élaborer quelques bêtises.

Tapis dans un étroit passage sombre ente deux maisons, nous retenions notre souffle lors d’un jeu de cache-cache. A califourchon sur un muret, nous chevauchions à bride-abattue dans les grandes plaines de l’ouest en poussant des cris de peaux-rouges.

La plateforme de la bascule publique nous servait de balançoire. Avec nos pieds, nous secouions de droite à gauche les pauvres planches jusqu’à ce que le garde champêtre nous déloge en vociférant.

Cachés derrière le panneau d’affichage recouvert de lambeaux déchiquetés, nous observions les allers et venues des ménagères et suivions les espionnes en catimini avant de dévaler la grand-rue en braillant.

Une petite vieille édentée habitait une maisonnette aux abords de la place. Elle sortait à intervalles réguliers toute de noire vêtu avec son un fichu sur la tête. Elle descendait dans sa cave un seau à charbon à la main ou s’en allait dans son jardin, sa corbeille d’osier sur la hanche. Parfois elle pestait en levant son balai.

Vilains garnements, Zavez pas finis de faire la sarabande sous mes f’nêtres.

Et nous nous éparpillions en criant comme une volée de moineaux et revenions à peine avait-elle refermée sa porte.

Dans les temps calmes, un platane centenaire était l’objet de toute notre attention. Patiemment nous lui enlevions son écorce laissant cruellement couler sa sève. A moins que nous ne gravions nos initiales à l’opinel dans quelques cœurs transpercés.

Lorsque j’étais seule, l’une de mes occupations favorites consistait à faire le tour d’un des tilleuls. La base du gros tronc formait des entrelacs de racines noueuses et il ne fallait surtout pas mettre les pieds par terre sous peine d’être engloutie dans l’océan déchainé.

Il y avait aussi la mère Barthelemy qui gardait des assistés. Je ne comprenais pas bien ce que cela voulait dire et l’on m’expliqua que c’était des enfants placés par l’assistance publique car leurs parents ne pouvaient pas s’occuper d’eux.

Je fis connaissance de Pascale et de ses frères, des petits parisiens très gentils. Il se chuchotait qu’on les avait placés car leur père buvait. Le père, ce devait être ce monsieur en costume qui venait leur rendre visite une fois par mois. Il leur apportait des bonbons et repartait le soir venu.

 La mère Barthelemy n’était pas tendre avec Pascale. Elle n’avait jamais le droit de venir jouer avec les autres enfants et devait effectuer toutes sortes de corvées. On lui avait même confisqué ses jouets que l’on apercevait sur une étagère du garage. Qu’elle semblait malheureuse cette petite fille de mon âge! Et puis un jour, la fratrie est repartie et la mère Barthelemy prit sa retraite et quitta le village.

Quelques temps plus tard, l’on vit débarquer sur la place, une famille nombreuse. Nous devenions ados et ces nouveaux camarades vinrent rapidement enrichir nos jeux.   

Lorsque l’angélus carillonnait au clocher de l’église, c’était le signal du soir pour rentrer à la maison. Les genoux écorchés, les cheveux en bataille, les mains sales nous rentrions au bercail, rassasiés d’avoir joué tout notre soûl.   

A bientôt sur la place du village

L'échelle métallique de l'église

 

 

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Publié le 31 Octobre 2016

La peinture sur soi

La jeune fille avait 14 ans lorsqu’elle tenta pour la première fois un trait de crayon sous ses yeux et un brillant rosé sur ses lèvres. Elle était fière de sa féminité naissante et de ses longs cheveux clairs et s’était dit qu’en ce dimanche de sortie, c’était une belle occasion de se faire belle.

Son enthousiasme tomba d’un coup lorsque la grand-tante la saisit par les épaules, l’éloignant d’elle pour mieux la détailler et lui lança dégoutée:

 Tu t’es mise à la peinture sur soi!

Elle rougit à la remarque bien qu’elle n’ait pas vraiment compris toute la subtilité et l’ironie acerbe du jeu de mots. Elle se renfrogna, baissa les yeux et s’assit sans broncher autour de la toile cirée, détachant dans sa tête chaque syllabe qui l’avait choquée.

Quelques minutes plus tard, elle réalisa toute la portée des mots et rougit à nouveau honteuse, même si elle ne savait pas exactement de quoi.

Elle aurait dû s’en douter, la tante acariâtre au chignon haut perché et aux lunettes en écaille avait tout de la vieille chouette rébarbative. D’aussi loin qu’elle se souvenait, elle avait toujours détesté lui rendre visite.

Déjà lorsqu’elle était petite, elle l’accueillait toujours sans rire avec des yeux perçants qui passaient toujours l’inspection.

Sa maison était aussi froide que la harpie, ça sentait le vieux et l’ennuie, des relents de lait caillé et de naphtaline qui assaillaient ses jeunes narines et la faisaient soupirer à peine le seuil franchi.

Ni canapé, ni télé, ni livres jeunesse dans l’antre de la mégère, le temps s’écoulait interminable entrecoupé de l’interrogatoire obligatoire sur les notes de l’école.

Elle avait grandi et faisait des efforts à chaque visite pour sourire et se rendre agréable à la vieille femme qui avait toujours été seule mais là à cet instant, elle la détestait!

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Publié le 1 Septembre 2016

Comment tu faisais avant ?

Le prochain épisode de l’émission  Famille à remonter le temps , proposera une immersion dans les années 70. J’attends cet épisode avec impatience car c’est l’époque de quand j’étais petite, l’époque de mon enfance, de mon adolescence dont je vous parle régulièrement.

Un univers pas si lointain mais complétement obsolète pour les jeunes générations.

J’ai envie de jouer les Wonder Woman, de tourner sur moi-même, de troquer mes cinquante ans contre mes pats d’eph.

Allez, hop, replongez avec moi, l’espace d’un billet dans les seventies colorées.  

Comment tu faisais avant ?

Evidemment point de PC sur lequel je suis en train de rédiger cet article. Ma mère possédait une machine à écrire et au collège nos professeurs utilisaient une polycopieuse à alcool pour dupliquer nos cours ou nos interros.

Les notions d’internet, de tablettes numériques, d’objets connectés, d’Ebooks  étaient complètement inconnues. Nous lisions dans des livres papier, nous cherchions des données, des renseignements, des informations à la bibliothèque, dans les encyclopédies, dans l’annuaire, dans les journaux, par téléphone ou directement dans des lieux (gares, administrations, entreprises….).

En 2016, savez-vous que toutes générations confondues, 61% de la population possèdent un smartphone alors qu’en 1974, seul 10% des ménages ouvriers avaient un téléphone à cadran rond à la maison. En cas de besoin, on se rendait à la cabine publique des PTT (Postes, télégraphes et téléphones). 

Pour l’anecdote, lorsque je me suis mariée en 1985, j’ai reçu en masse, non pas des textos mais des télégrammes.

Comment tu faisais avant ?

Il n’y avait pas d’écran plat dans les salons, la télévision était une boîte carrée à cadre en bois ou en plastique avec seulement deux chaines. Il fallait appuyer sur de gros boutons et tourner une molette pour régler la luminosité. 

Il n’y avait pas de lampes halogènes, ni d’ampoules basses consommations mais des barres de néon qui envahissaient les rues commerçantes et les cuisines en formica.

Les photos sont numériques depuis quelques décennies, elles se prennent par centaines via nos smartphones ou nos appareils dernier cri. Qui se rappelle encore du temps des pellicules douze, vingt-quatre ou trente-six poses et des développements hors de prix. C’est en 1976, pour ma communion, que j’ai eu mon premier Kodak et autant vous dire qu’on réfléchissait à deux fois avant de de faire clic, clac.

Le four micro-ondes n’existait pas, ni les robots ménagers multifonctions. La cuisine se faisait au dernier moment ou se réchauffait à la casserole.

Le réveil matin était strident et ne diffusait ni radio, ni musique.  Il n’y avait pas de CD et encore moins de Mp3, la musique swinguait sur les microsillons puis sur minicassettes.

Il n’y avait pas de consoles de jeux mais un panel de jouets en plastique et de jeux de société. 

Pas de lycra ni de polaire mais des tissus nylon aux motifs psychédéliques.

Comment tu faisais avant ?

Il n’y avait pas de limitation de vitesse, ni de ceinture de sécurité, au point qu’en 1972, le nombre de morts sur les routes atteignait 18 000 personnes. Un grand plan de sécurité routière se mit alors en place rendant la ceinture obligatoire en 1973 et promulguant les premiers abaissements de limitation de vitesse en 1974.

Il est rapide et facile de nos jours de faire ses courses en ligne ou même d’auto scanner ses produits dans son hyper préféré. Le code-barre européen ne fit pourtant son apparition qu’en 1977 et il fallut attendre encore quelques années pour voir nos caissières faire glisser nos achats devant les cellules de lecture.

Sur les rayons il n'y avait ni de rasoir jetable, ni de savon liquide, ni de capsules de lessive. Il n’y avait pas non plus de lait UHT, d’œufs surprise, de salade en paquet ou de café moulu.

A l’heure où les sacs plastiques vont être interdits, il est drôle de se rappeler qu’en ce temps-là, on utilisait largement les cabas et les sacs en papier kraft

Dans les petites villes les acheteurs allaient encore chez l’épicier, le boucher et le boulanger tandis qu’en périphérie fleurissaient les supermarchés et qu’à la campagne fermaient un à un les petits magasins.  

En 1970, la moitié des femmes étaient encore des ménagères qui n’avaient  pas d’emploi à l’extérieur et qui jusqu’en 1965 ne pouvaient  gérer ni leurs biens propres, ni exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.

Comment tu faisais avant ?

Ce matin, Lucie, 8 ans, demanda à son papy, s’il y avait des Pokémons dans son jardin lorsqu’il était petit.

Devant la réponse négative et amusée du vieil homme, la fillette lui dit très sérieusement :

Comment tu jouais avant?  

Comment tu faisais avant ?

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Publié le 13 Juillet 2016

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Quelle joie d’arriver à la colo de la Couarde sur mer après toutes ces longues heures de voyage et la traversée en bac !

Nous sautons des cars, heureux d’enfoncer nos pieds dans le sable de l’immense cour carrée.

Il fait encore chaud en cette fin d'après-midi et l’on nous dirige à l’ombre de la galerie bordée de pins pignons.

La centaine d’enfants s’asseyent pour la distribution de pâtes de fruits et du sirop de grenadine.

Raymond le directeur nous repartit ensuite dans nos groupes : les petits de 6/8 ans, les moyens de 9/11 ans (mon groupe), les moyens-grands de 11/12 ans et les grands de 13/14 ans.

Je rejoins 7 autres petites filles autour de notre monitrice Babeth, une rouquine au sourire accroché aux lèvres. Elle nous conduit vers les valises qui gisent à côté des soutes ouvertes des autocars.  

Chacune traine peu après son barda jusqu’au bâtiment de droite, celui des filles.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

La fraicheur et la pénombre nous saisissent en pénétrant dans les chambres aux rideaux tirés.

Notre box est situé au milieu du dortoir, ses murs sont immaculés et tranchent avec les dessus de lits aux rayures colorées. Nous nous précipitons pour choisir nos places, toutes persuadées d’avoir obtenu la meilleure.    

Babeth nous demande de sortir nos affaires et de les étaler sur le lit; elle va passer pour l’inventaire.

Elle s’occupe de nous à tour de rôle et pendant ce temps-là les autres partent à la découverte du dortoir. D’abord timidement puis avec de grands rires, nous arpentons le long couloir. Tout au bout, nous croisons les grandes filles qui gloussent de se retrouver alors que de l’autre côté, quelques petites pleurent leur maman.

A l’extrémité du dortoir, il y a des barres de lavabos, les WC et une salle pour se déchausser. Le sol est recouvert d’un carrelage et les portes vitrées donnent sur la galerie couverte qui nous a accueillis tout à l’heure.

Par les fenêtres, nous apercevrons les garçons devant un bâtiment identique au nôtre, ils ont revêtu des shorts et jouent au football. La chance !

Babeth, on peut aller jouer dehors ?  

L’après-midi se termine par un jeu de chandelle en cercle au milieu de la cour.

Il court, il court le furet....

Le lendemain et chaque matin, le réveil est échelonné, chacune se lève à l’heure qui lui convient, ouvre son lit, fait sa toilette et enfile son short et ses baskets.

Au réfectoire un solide petit déjeuner nous attend : pain frais, beurre et confiture, compote, chocolat et café au lait, de quoi prendre des forces pour la journée.

A 9H30, toutes les filles sont prêtes et nous allons faire nos lits, ranger nos chambres avant de rejoindre les garçons.

La matinée est consacrée aux activités manuelles : pompons, objets en pinces à linge, colliers de perles, tableaux de fil tendus, portes serviettes en raphia et puis nous chantons accompagnés de Gérard à la guitare.

« Au loin on voit tourner la mouette autour d’un point noir sur du bleu, nul ne sait qu’elle guette son amoureux »  ou

« Tiens bon la barre et tiens bon le vent, Hisse et ho, Santiano »

C'est beau!

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Avant midi, nous nous rendons aux marabouts, il faut se mouiller le visage et les bras puis s’allonger sur des lits de camp pour une « cure de sommeil ». C’est un moment  de retour au calme qu’on appelle aujourd’hui relaxation. Je sens encore l’eau qui s’évapore de ma peau sous la tente réchauffée par le soleil de la mi-journée et j’entends la voix lente du moniteur qui nous demande de nous détendre et de fermer les yeux.

A 12H30, bien apaisés, nous passons aux lavabos pour nous laver les mains puis nous gagnons le réfectoire.

Nous servons nos camarades à tour de rôle et d’autres vont chercher le pain ou remplissent les brocs d’eau. Nous sommes fiers de ces petites tâches qui nous responsabilisent et nous autonomisent.

A table, on nous demande de tout goûter et l’on apprend quelques astuces de colo comme manger sa compote dans son verre ou sa part de gâteau sur l’envers de l’assiette.

Le jour des frites, il y a toujours du rab et nous faisons mailloche. Autant vous dire que je n’ai pas trouvé "la définition colo" de ce mot dans le dictionnaire. Il veut dire que toute la table se précipite sur le plat ( au grand dam des moniteurs).

Raymond sort alors son sifflet et plus personne ne bronche.

En fin de repas, l’on débarrasse les assiettes et les verres pour faciliter le travail des personnes de service.   

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Après avoir mangé, c’est l’heure tant attendue du courrier. Je reçois une carte pratiquement chaque jour, de mes parents, grands-parents ou tantes. De belles images que j’affiche au-dessus de mon lit.

L’une ou l’autre des fillettes reçoit parfois un colis rempli de bonbons, de petits jouets et de journaux illustrés.

Le partage est la règle car un certain nombre

de petites copines ne reçoivent rien.

On se regroupe ensuite à l’ombre des galeries pour lire son courrier, faire des jeux de mains ou de ficelles et ramasser des pommes de pin dont nous mangeons les amandes.

Trois p'tits chats,
Trois p'tits chats,
Trois p'tits chats, chats, chats,

A 14H, nous rentrons au dortoir pour la sieste. C’est un temps où chacune doit s’occuper en silence sur son lit. Les plus petites dorment pour de bon alors que les grandes lisent, écrivent ou fabriquent des scoubidous.

Youpi, la sieste est terminée. Nous enfilons les maillots de bain, les chapeaux et nous préparons la trousse de secours, le périmètre, la caisse de pain et les bidons de sirop pour le goûter.

En route pour la mer

Nous traversons le petit bois Henri IV aux odeurs de résine puis pieds nus, nous grimpons le chemin de la dune bordé d'herbes touffues et de fleurs violettes.

La mer est là, haute, bleue, magnifique, bruyante et reflue mousseuse et odorante sur le sable clair.

Pour beaucoup d'enfants, c'est une découverte et les cris de joie couvrent bientôt le bruit des vagues et du vent marin.

Oh la baignade n’est pas bien longue, 1/2 heure environ pour permettre à tous les groupes d’en profiter. Nous nous séchons bientôt entortillés sous notre serviette de bain pour enfiler une culotte sèche.

Puis vient le temps des jeux de plage. Nous ramassons des coquillages, creusons de puits, enterrons les pieds de nos copains, jouons aux osselets avec des cailloux.

Que de bons moments !

Il est l’heure de gravir  à nouveau la dune et de regagner la colo, direction les douches et la lingerie où chacun à sa case avec son linge marqué.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Après diner, nous gagnons les bâtiments en bois pour une veillée de petits jeux calmes, de chants, ou de contes. Pour la première fois de ma vie, je fais connaissance avec les lettres de mon moulin et ce curé de Cucugnan qui nous fait tant rire.

 

Deux fois par semaine nous partons en randonnée avec le KW autour de la taille. De longues marches d’une demi ou d’une journée entière pour nous rendre au phare des baleines (11,2Km), St Martin en Ré (8,5km), Ars en Ré (7Km), Loix (5km)…

A midi le directeur nous apporte les caisses d’œufs durs, de tomates, les fruits, le pain d’épice et les indispensables jerricanes de sirop de menthe ou de grenadine.

Et nous chantons sans cesse pour nous donner du courage, un kilomètre à pied ça use, ça use…

 

Il y a aussi les matinées correspondances, nettoyage des chaussures, ramassage des papiers de la cour.

La colo nous apprend le civisme et le vivre ensemble

 

 

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Chaque samedi soir, il y a une Grande veillée préparée par un groupe d’âge. Un spectacle de chants, de danses, de sketches auquel toute la colo assiste.  

Rires et applaudissements réjouissent les colons

Les dimanches sont des journées de fête. Après le spectacle de la veille, la grasse matinée est autorisée puis nous rejoignons nos moniteurs qui tiennent chacun un atelier.

Individuellement nous choisissons notre activité préférée : construction de cabanes dans le petit bois attenant, activités manuelles, chants, contes, jeux, cuisine…

Le repas du midi est ce jour-là amélioré et l’après-midi est consacrée à un grand jeu, une kermesse, un jeu de piste ou une chasse au trésor avec un goûter de crêpes, de glaces et des bonbons à gagner.

Le 14 juillet est aussi un jour de fête, nous nous déguisons, fabriquons des drapeaux et le soir venu, nous nous rendons sur la plage pour voir le coucher de soleil puis le feu d’artifice.

 

Les soirées sont aussi ponctuées des anniversaires du mois dont le mien. Je souffle cette année-là, mes neuf bougies, entourée de mes amies; elles m’ont fabriqué un petit cadeau de coquillages et de pommes de pin avec l’aide attentif de Babeth.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Quatre semaines passent vite, nous nous sommes bien amusées mais il est temps de passer à la pesée et sous la toise. Il est de bon ton d'avoir grossi et grandie  pendant ce mois et ceci est inscrit sur notre fiche sanitaire.

Le dernier jour, nous allons à la Couarde acheter les souvenirs. Je prends un petit chalutier sur un socle avec l'inscription "Ile de Ré".

L'aprés-midi, il faut refaire l’inventaire, remplir les valises et nous faisons les follettes en sautant sur les lits.

Au petit matin du dernier jour, nous plions nos draps, bouclons nos valises et embrassons bien fort nos camarades et nos moniteurs. Il y a des larmes, des joues mouillées de tristesse de se séparer et des promesses de revenir l'année prochaine.

Nous repartons toutes dorées, les genoux couronnés et la tête bourdonnante de refrains entrainants et d'amitiés d'été.

Au revoir l’Ile de Ré, nous allons retrouver nos parents !

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Publié le 8 Juillet 2016

Dans la cuisine de ma grand-mère

En haut d’un escalier, il y a la cuisine de grand-mère. Une grande pièce ensoleillée qui fleure bon les confitures et le biscuit de Savoie.

Le buffet et la table en formica cohabitent avec des meubles en bois plus anciens. Dans le buffet, il y a tout un inventaire à la Prévert : un presse-purée, un hachoir à viande, un fer à repasser et une yaourtière….

Dans la niche du buffet, il y a un tas de papiers, le calendrier des PTT, une pile de journaux, le poste de radio et la corbeille à pain. Vous savez cette huche à pain métallique de forme arrondie avec sa porte coulissante.

Il y a un frigidaire vieillissant acheté il y a plus de 10 ans mais qui à l’époque  remplaça de façon révolutionnaire le garde-manger et les allers-retours incessants à la cave où l’on conservait les aliments.

Dans cette cuisine, on trouve encore une cuisinière et une chaudière à gaz qui alimente les gros radiateurs du chauffage central.

Dans le bahut à trois tiroirs, il y a la boîte à bigoudis et tout un attirail de couture et de pelotes de laine.

Sur le sol un linoléum moucheté qui recouvre le plancher qui continue de grincer sous nos pieds.

Les interrupteurs électriques sont encore en porcelaine tandis qu’un plafond le large néon aveuglant à remplacer le plafonnier.

Dans la cuisine de ma grand-mère

Et puis il y a des objets insolites tel ce vase en cuivre martelé à décor de feuilles de vigne dont grand-mère me raconte souvent que c’est un obus de la Grande guerre rapporté par son frère.

J’ai le droit de jouer avec le prisme pyramidal. Je connais le nom de cet objet en verre mais je n’ai jamais vraiment su à quoi il avait bien pu servir et de qui mes grands-parents le tenaient. En tout cas, lorsqu’on regarde dedans, on y voit les couleurs de l’arc-en-ciel et des images complètement déformées.  

Les vrais objets conservés dans la famille
Les vrais objets conservés dans la famille

Les vrais objets conservés dans la famille

Dans un recoin tout sombre, l’on trouve le petit évier émaillé sur lequel il faut superposer deux bassines pour faire la vaisselle. Au-dessous de l’évier, l’on range  la poubelle, la pelle et la balayette cachées par un petit rideau.

Les torchons sèchent au-dessus du tuyau à anneaux de la chaudière alors que sur le feu la cocotte-minute ronronne préparant  le délicieux veau à la tomate, mon plat préféré.

Je me sens bien dans cette cuisine douillette.

Je m’installe hiver comme été sur le gros radiateur en fonte où je lis les malheurs de Sophie ou François le bossu.

Dans la cuisine de ma grand-mère

Il est l’heure de manger, je sors les assiettes dépareillées en faïence rustique et le saladier en arcopal.

Mémé m’apprend à faire la sauce de salade : moutarde, sel, poivre et une cuillerée de vinaigre pour trois d’huile. Elle me fait rajouter des petites herbes ciselées odorantes dont j’apprends le nom, de l’estragon. Il reste à rajouter les feuilles de laitue qu’on vient de secouer par la fenêtre dans le panier à salade grillagé.

Il faut encore moudre le café et j’adore appuyer sur le couvercle tout rond du moulin électrique. Il passera tout à l’heure dans cette étrange cafetière dont j’ai su des années plus tard qu’elle s’appelait à l’italienne.

Voici pépé qui rentre du bureau. Je lui saute au cou, lui laissant à peine le temps d’accrocher son chapeau. Il a deux heures de pause pour déjeuner et va avoir le temps de jouer avec moi.

Dans la cuisine de ma grand-mère
Dans la cuisine de ma grand-mère
Dans la cuisine de ma grand-mère
Dans la cuisine de ma grand-mère

En début d’après-midi, mémé prépare la confiture, celle que je préfère aux framboises juteuses.

Elle touille les fruits  rouges avec du sucre cristallisé et un jus de citron dans un chaudron en cuivre. Elle m’appelle pour écumer cette mousse odorante qui se forme en surface. Je mangerai l'écume toute chaude pour mon quatre heures.

Je m’en pourlèche déjà les babines.  

Elle verse ensuite la confiture dans des pots en verre cannelés.

Pendant qu’elle refroidit, elle fait fondre de la paraffine qu’elle coulera sur la confiture pour bien fermer les pots. Il restera ensuite à les recouvrir de petits papiers transparents et de les fixer avec des élastiques. Je collerais  enfin une étiquette :

Confiture de framboise 1972

Dans la cuisine de ma grand-mère
Dans la cuisine de ma grand-mère

Au-dessus du bahut, la pendule égraine les heures tranquilles de mon enfance choyée.

J’ai repris mon livre et je rêvasse sereine sur le radiateur en regardant les petits perroquets qui trempent leur museau dans le verre à pied.

Il faut aller jouer cocotte

La voix douce de ma mémé me réveille de ma torpeur, elle m’envoie courir dans le jardin.

Dans la cuisine de ma grand-mère

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Publié le 5 Juillet 2016

Juillet au bord de l'eau

J’ai 5 ans en juillet 1969 et le dimanche lorsque le magasin ferme ses portes, nous partons pique-niquer au bord de l’eau.

Maman remplit la glacière en polystyrène tandis que papa arrime le canoé pneumatique sur le toit de la 4L.

Sur la banquette arrière de la voiture, entre mon frère et moi, nos parents entassent tout un bric à brac hétéroclite nécessaire pour la journée.

Une véritable expédition pour la gamine que je suis !

Notre 4L bleue ressemblait à celle ci

Notre 4L bleue ressemblait à celle ci

Le voyage ne dure pourtant que quelques minutes, la rivière coule en bas de la colline.

Ma mère descend ouvrir la barrière de barbelé puis cahin, cahin la voiture bringuebale entre les ornières et les bovidés qui nous regardent un peu étonnés. 

Il reste à traverser le grand champ où paissent de grosses vaches qui m’effraient tant.  

Au bout du pré, mon petit frère saute de la voiture en tenant solidement son ballon dans les bras et déjà nous gambadons au bord de l’eau.

Ça sent la vase, la menthe sauvage, les bouses de vaches et l’été. Ces odeurs reconnaissables entre toutes qui me replongent aujourd’hui encore dans cette petite enfance insouciante.

Juillet au bord de l'eau

Maman étale le déjeuner à l’ombre des peupliers et nous dégustons de bon appétit du poulet froid, des chips et des fruits juteux qui nous laisse la bouche et les doigts poisseux.

Et puis c’est le temps calme où allongés sur une couverture, il faut respecter la digestion. Nous feuilletons des livres d’images, Babar, Le livre de la jungle, La chèvre de M Séguin….

Papa écoute le Tour de France en sourdine sur son transistor et maman cherche un modèle de couture dans modes et travaux.

Un petit vent doux et le chant des grillons nous bercent, je crois bien qu’Olivier et mon père se sont endormis.

Bord de Sioule

Bord de Sioule

Puis nous avons le droit d’aller jouer : partie de foot, jeu de volant, saute-mouton…Nous nous roulons dans l’herbe comme de jeunes chiots et chahutons avec notre père.

Et voici qu’il s’éloigne pour couper de petites branches d’arbres. Nous le regardons curieux. Il entaille une tige souple de noisetier et en glisse une seconde à l’intérieur.

Il fabrique un moulin!

Il nous demande d’apporter de grosses pierres pour former un goulot et un petit barrage sur l'eau. Il plante ensuite deux fourches en bois sur lesquelles il pose le petit moulin qui se met à tourner vigoureusement.

Nous tapons dans nos des mains et maman rigole

Petit moulin de branches

Petit moulin de branches

C'est enfin la baignade, nous nous allongeons, le ventre sur les galets, il y a à peine de quoi nous mouiller, nous remplissons nos seaux, nous aspergeons ou apprenons à faire des ricochets.

Papa nous prend avec lui sur le canoé pour une petite balade sur la rivière.

Maman s’inquiète, y’a du courant, la bas, va pas trop loin !

Olivier mon petit frère

Olivier mon petit frère

Pépé nous rejoint en fin d’après-midi pour pécher, il nous montre comment accrocher un asticot, lancer le fil et ferrer un poisson. En peu de temps, il remplit son panier de petites fritures que mémé préparera ce soir pour le souper.

La journée se termine, il faut ranger le matériel, recharger la voiture et regagner la maison pour un bon bain avant diner.

Il reste la terrible traversée du pré et le troupeau de vaches qui à cette heure a quitté son coin ombragé et nous barre ostensiblement le chemin. Ouf, nous voilà sauvés!

Maman referme la barrière sur

cette belle journée de juillet au bord de l’eau.

Pépé Robert à la pêche

Pépé Robert à la pêche

Photos façon gouache

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Publié le 26 Avril 2016

Ça c’était avant !

Je suis née en 1964,  la préhistoire pour les jeunes blogueuses d’Hellocoton. Et oui, les filles je pourrais être votre grand-mère (faut quand même pas exagérer).

En ce temps-là, le général De Gaule est président de la république et tante Yvonne* veille au grain.

*Yvonne De Gaule, épouse du président surnommée « Tante Yvonne » par les journalistes, Catholique pratiquante, elle influe sur le conservatisme de son mari en matière de morale. Source Wikipédia

Les couches jetables n’existent pas et le petit bébé que je suis porte des pointes en coton que ma maman lave à la main.

A 18 mois, je joue à la toupie et j’empile des cubes et puis plus grande j’ai une dinette et ma poupée qui marche.

 Il n’y a qu’une seule chaine en noir et blanc, l’ORTF** et pas dans tous les foyers.  Le programme préféré de mes toutes jeunes années est Bonne nuit les petits avec Pimprenelle et Nicolas et ce marchand de sable qui m’envoie toujours me coucher.

**Office de Radiodiffusion Télévision Française

Ça c’était avant !

La cuisine est en formica et nous mangeons dans des assiettes à jolies fleurs.

Mon père à une quatre ailes et il fume dedans comme un pompier.

J’ai quatre ans lorsque mes ainés se battent sur le pavé.

Pour téléphoner, j’apprends à appeler l’opératrice des PTT* qui sert d’intermédiaire pour joindre ma mémé.

*postes et télécommunications

En 1969, je rentre à l’école avec le tablier de rigueur et j’apprends à compter avec un boulier. Les cabinets de la cour sont à la turque et à la récré nous jouons à la corde à sauter, à la marelle, aux billes ou aux osselets.

La sortie dominicale est la messe puis la visite à l’épicerie pour acheter un franc de bonbons, carambar, rondoudou ou bâton de réglisse.

Cette même année, Apollo 11 aluni en direct gardant tout le pays éveillé mais moi je fais dodo dans mon petit lit cosy.

A 11 ans, je porte des pattes d’eph, des sous pull colorés et des sabots à semelles compensées.

Ça c’était avant !

En 1977, on exécute le dernier condamné à mort, c’est Giscard qui est au pouvoir, j'ai 13 ans.

A 14 ans, je vais voir Grease au cinéma, le disco envahit ma chambre et la planète et voilà que Claude François meurt.

J’ai 16 ans en 1980 lorsque que Coluche se présente aux élections présidentielles.

En vrai, c’est François Mitterrand qui entre à l’Elysée pour mes 17 ans.

Ça c’était avant !

Juillet 1982, le mois de ma majorité. Je travaille comme monitrice et toute l’équipe regarde la demi-finale de coupe du monde de foot, France-Allemagne et nous voilà tous indignés lorsque Patrick Battiston est évacué suite à une agression du gardien de but allemand  Schumacher. La France n’a pas gagné ce jour-là, ce sera pour plus tard.  

Je suis devenue adulte, prête pour de nouvelles aventures.

Ça c’était avant !

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Publié le 11 Avril 2016

De l'intime au blogging

J’écris depuis mon adolescence et à l’époque les écrits ne se partageaient pas, ils se camouflaient dans mon journal intime.

C’était en 1978 et j’avais 14 ans. Ma petite chambre mansardée tendue de papier à grosses fleurs était mon refuge. J’avais affiché aux murs toute ma collection de posters de David Hamiltonn et mes chanteurs préférés : Dave, Michel Sardou, Michel Polnareff et les Bee Gees. Il y avait aussi ce soldat qui mourrait avec cette imploration WHY ?

Tantôt romantique, tantôt révoltée, je vivais la tête remplie

d’avenir et de projets.

De l'intime au blogging

Sur ma commode, mon électrophone diffusait à tue-tête, PARTIR de Julien Clerc ou Rasputine de Bonney M.    

C’était le temps des flippers au café du village, des parties de Ping-pong avec mon frangin, des booms, des tours en mobylette et des rassemblements de copains les soirs d’été.

Chaque jour je griffonnais dans mon cahier d’écolier. Je relatais mon quotidien, les amis, la famille, ma révolte, mes chagrins, mes amours d’adolescente et quelques opinions balbutiantes…L’écriture était encore enfantine, l’orthographe incertaine mais je retrouve les valeurs qui étaient déjà miennes.  

De l'intime au blogging

Je tenais également un recueil de citations et d’images collées, l’ancêtre de ma page FB….en somme !

J’écrivais déjà des poèmes et je relis aujourd’hui avec indulgence et nostalgie, ces vers naïfs que je suis heureuse d’avoir conservé.

Jusqu’à l’âge adulte, je n’ai jamais cessé de noircir le papier puis le PC a remplacé le stylo et les cahiers. L’écriture est restée intime  pour sauvegarder de beaux moments, soulager un tourment, déverser une colère ou ne pas oublier une idée…

 

De l'intime au blogging

Lorsque mon mari est décédé alors que j’étais paumée sans avenir et sans passé, j’ai relu tous mes écrits et la correspondance de nos vingt ans. Toute ma vie était bien là précieusement conservée.

Que ces récits étaient précieux, notre premier baiser, notre amour, notre mariage et nos enfants...tout était intact et si vivant.

Et je me suis mise à écrire mon deuil qui lui aussi devait rester gravé pour qu’il ne puisse plus jamais ne pas avoir existé. J’écris, depuis quatre ans, les méandres de ma souffrance et aussi mon espérance.   

De l’intime au blogging, j’ai décidé un jour de partager.

 Ecrire pour aider, offrir mon chemin pour soulager et lire à mon tour tant de beaux sujets qui ouvrent grand les fenêtres de la VIE.

 

 

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Publié dans #Tranches de vie, #Quand j'étais petite

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