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Publié le 18 Novembre 2016

Allo Béa, j’y vois plus très clair

Allo Béa, ça va?

Moi, hier, j’étais chez l’ophtalmo au centre hospitalier, c’est flambant neuf dis donc! A l’accueil il y a un distributeur de tickets pour attendre ton tour aux guichets comme au rayon fromages de l’hyper.

J’étais à peine arrivée que mon numéro s’est affiché sur le compteur numérique mais je ne savais même pas où me diriger.

En fait c’était inscrit : N°56, guichet 4 . J’étais pas plus avancée, je voyais pas lequel c’était le 4.

Mes yeux balayaient de gauche à droite, de haut en bas tous les postes d’accueil et je ne voyais pas. Surtout qu’il y avait deux nénettes qui bavardaient et qui n’avaient pas vraiment l’air d’être en service.

Madame c’est inscrit au-dessus me souffla une voix.

Ah, oui, un énorme 4 se détachait en noir sur le bandeau du comptoir, il était tellement gros que je ne l’avais pas vu.

Oui, tu l’as dit, il était temps que je le fasse mon contrôle ophtalmo.

Me voilà donc à mon guichet assise sur une fesse.

- Carte vitale, carte de mutuelle, carte d’identité, adresse, téléphone… me demanda la voix automatique de la secrétaire médicale.

Et là j’ai pensé en farfouillant dans mon sac: J’ai un alibi madame, j’vous jure, j’ai rien fait.

Et tandis qu’elle enregistrait mes documents, voilà que la fille me dit joyeuse et affirmative : On se connait.

Et là, je l’ai regardé ahurie alors qu’elle enchainait: Mais si, rappelle-toi, je suis Machine Duchmole, on a travaillé ensemble, il y a dix ans. C’était du temps de Jacqueline Bidule et Mauricette Truc chose.

- Ah oui Machine, lui répondis-je en feuilletant en accéléré ma mémoire décennale. Bin dis donc, je t’aurais pas reconnu ! Tu m’as reconnu toi?

Et dans ma tête, je me récitais avec l’accent, la réplique culte de Rabbi Jacob

 Ti me riconnais, non et bien moi non plus

- Ne ris pas Béa, c’était exactement ça.

Et la fille a poursuivi: Oui, je t’ai reconnu tout de suite, t’as pas changé.

Tu parles, elle tenait ma carte d’identité dans sa main la flatteuse Et bla, bla, bla qu’est-ce que tu deviens et tu te rappelles et bla, bla, bla….  

Bon, allez va t’installer dans le salon rose, on va t’appeler.

Pour être roses, elles sont roses les banquettes de la salle d’attente n° 1 et elles étaient archi bondées au point que deux personnes ont dû s’écarter pour me faire une petite place.

Il faisait chaud, tu peux pas savoir. J’ai quitté mon manteau que j’ai dû garder sur mes genoux avec mon sac, j’ai serré les fesses, j’ai rentré mes jambes et recroquevillée sur mon siège, en apnée, j’ai commencé à patienter dans mes vingt centimètres carrés qui ne respectaient pas du tout , du tout ma zone d’intimité.

Tu y es déjà allée Béa depuis les rénovations? Non et bien la salle d’attente est ouverte sur un long couloir bordé de portes bleues. Les praticiens sortent à intervalles réguliers et appellent les patients: Mme Jacquet, M Vignon, la petite Chloé Dubourg, Famille Girard et les gens se lèvent, rentrent et sortent et se rassoient puis sont de nouveau appelés dans un balai incessant.

Je ne comprends rien, de rien à leur système en ophtalmo.

A un moment, un médecin pas commode a appelé : M Belleville, M Belleville, M BELLEVILLE.

L’homme n’était  pas là. L’ophtalmo est sorti dans le couloir, s’est rendu dans la salle d’attente jaune, s’agaçant en appelant encore plus fort encore

M BELLEVILLE

puis il a fini par hausser les épaules en consultant sa liste.  

Peu après à l’autre bout du couloir,j’ai été appelée par un orthoptiste,

Oui Béa, un orthoptiste, un jeune mec au jean slim, en baskets avec une blouse ultra courte qui semblait sortir de la cours du lycée.

- Bonjour madame, je vais vous faire un examen de vue et ensuite vous verrez le docteur.

Et oui, ce sont les orthoptistes qui font les examens de vue maintenant.

Menton, front dans la machine. A vos marques prêt, lisez!

Œil gauche : Impec

 

Œil droit: Les petites lignes étaient flous, je ne voyais rien

Il a mis un verre correcteur et m’a demandé si c’était mieux ou moins bien.

Et moi, je n’ai vu aucun changement comme à chaque examen de vue que je fais depuis que je suis petite.

Et dix fois de suite il a bidouillé ses verres en s’acharnant : mieux ou moins bien, mieux ou moins bien….

Et moi, dix fois:je lui ai répondu : idem.

Il s’est acharné en me demandant de fixer le L et de me concentrer. c’est mieux ou moins bien a-t-il éructé pour la xième fois.

Je me disais, il faut surement que ça soit mieux alors je lui dis : Heu peut être mieux, encore que remettez celle avant, heu non en fait non celle-là est mieux, heu non en fait ça change rien. Je vous assure, c’est PAREIL

Et le mec ne comprenait toujours pas que je ne vois pas mieux avec un correction et  il a décidé de m’envoyer à l’imagerie pour être plus sur, a t’il ajouté.

- Ah bon, ai-je dit étonnée, vous savez ce problème-là, je l’ai depuis l’enfance, il y a rien de nouveau.

Et là, une lumière s’est allumée dans sa tête d’orthoptiste. Le jeune blanc bec à slim qui lui comprimait les coucougnettes sous sa blouse ultra courte m’a demandé si j’avais déjà eu un strabisme.

Je lui ai répondu que oui lorsque j’étais petite et il m’a demandé s’il était convergent ou divergent (le strabisme, lol). Et devant mon ignorance, il a décidé de faire un examen d’orthoptie complet.

Il a saisi un petit crayon terminé par un cube dont les faces étaient recouvertes de dessins enfantins et il m’a demandé de bien fixer le petit chaton.

Et il élevait la voix : NON NON sans bouger les paupières, ouvrez grand les yeux, regardez, Ne BOUGER PAS LA TÊTE , fermez, regarder, fixez,….

Tu parles qu’au bout de 5mn, n’importe qui verrait double à ce petit jeu-là.

- Effectivement, vous avez une petite séquelle de strabisme conclut-il content de lui.

A l’ouest rien de nouveau pensais- je mais bon, cet examen apparemment me dispensait de radio.

Je suis retournée m’asseoir dans l’espace rose fuchsia en attente de l’ophtalmo quand soudain blanc bec me rattrape, se ravise et m’envoie finalement en salon bleu pour l’imagerie.

Et là je me suis mise à baliser. Merde, ai-je pensé, de quoi a-t-il peur Slim-man. J’ai la DMLA, je vais devenir aveugle? Et je me suis jouée la scène de Marie dans la petite maison dans la prairie où elle hurlait: PAPA JE VOIS PLUS RIEN C’EST TOUT NOIR, NE ME LAISSE PAS.

Bref après le rose, me voilà dans la salle d’attente bleue où je me raisonnais en me disant que cet orthoptiste frais émoulu de l’école faisait un peu de zèle quand même.

A mes côtés, une jeune femme au téléphone se souciait peu de ses voisins.

 - Là, j’suis avec mémé qui passe des examens, bon ce soir on a Elodie et Fred, on fait une raclette. Allons puce quand même une raclette, c’est facile. Tu achètes de la charcuterie, du jambon blanc, du jambon sec, de la rosette, du salami, du chorizo pour toi et de la coppa elle dit mémé. Quoique j’aime pas la coppa, moi! Des patates, on en a des patates. T’aime mieux les roses, t’es difficile quand même et bla, bla, bla , bla. Bon j’vais te laisser, ça grésille là chéri, ça doit v’nir des appareils de l’hôpital…

Je te jure Béa, c’était palpitant la saga du saucisson!

Une heure plus plus tard, rebelote, menton et front dans le truc à imageries et j’ai demandé à la technicienne quel était cet examen et ce qu’on me cherchait? Elle m’a répondu laconique que je verrais avec l l’ophtalmo.

Ça m’a bien rassurée!

Nouvelle heure d’attente à flipper juste distraite par le nouvel appel de M Belleville qu’on avait enfin retrouvé.

J’ai enfin entendu mon nom et au bout du couloir et j’ai vu débarquer dans un ralenti parfait LE BEAU GOSSE, genre docteur des séries américaines, cheveux faussement ébouriffés, blouse négligemment ouverte, chaussures vernies et parfum envoutant.

C’était MON ophtalmo.

Et je me suis dit, ouh la la, je le vois très, très bien, je ne suis pas aveugle du tout, du tout.

Je me je me suis alors dirigée cheveux au vent vers la salle de consultation.

Beau gosse m’a demandé si j’avais des problèmes de santé. Je lui ai répondu non en bafouillant.

Il m’a expliqué que l’orthoptiste ne parvenait pas à obtenir dix à mon votre œil droit y compris en le corrigeant et qu’il fallait mieux vérifier. Deux minutes plus tard, il m’annonça que l’examen était normal.

Oui, Béa, tout ça pour ça. Après tu te demandes pourquoi y’a un gouffre à la sécu.

Sans rire, en deux heures de temps, j’ai vu trois autres dames qui ont été envoyées à l’imagerie.

Et bien Béa, c’est très utile les visites de contrôle, j’y vois d’un coup beaucoup plus clair.

Il faut bien rentabiliser les appareils dernier cri

du service ophtalmologique tout neuf!

Allez salut, à +

 

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Publié dans #Tranches de vie, #Humour

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Publié le 7 Septembre 2016

Allo Béa, je passe en caisse

Allo Béa, ça va ?

Moi ? Oh si tu savais, je reviens de l’hyper, une vraie galère. Ça grouillait de monde là-dedans et avec les travaux d’agrandissement, quel bordel!

Tu trouves les saucissons en face des soutiens-gorge…Tu te rends compte, ça fait envie !

Après une heure de slalom, j’arrive enfin en caisse et là t’aurais vu, que des files interminables et des chariots archi bondés.

Bon, je me décide pour la six et comme d’habitude, je vois que la sept avance plus vite.

Y’avait un môme qui braillait dans un caddy et la mère qui ne disait rien. Ça sentait le camembert et il faisait chaud, l'horreur!

Et là, ça avance plus et qu’est-ce que je vois trois places devant ? La caissière qui téléphone et puis une employée à roulettes qui file dans un rayon.

Manquait plus que ça !

Allo Béa, je passe en caisse

Quinze minutes plus tard,  je positionne enfin le chevalet « client suivant » et  je déballe mes courses sur le tapis roulant, tu sais les grosses courses du samedi.

Le tapis était bondé, j’entassais les derniers trucs en équilibre en priant que rien ne tombe et j’attendais que la cliente précédente ait fini de remballer.

L’hôtesse de caisse en a profité pour passer un petit coup de pschitt puis elle a causé à sa copine : Eh  Jeanine c’est quand ta pause et bla, bla, bla… Elle a ensuite fait tourner son tabouret, mit ses doigts à sa bouche, replacé une mèche de cheveux et baladé son regard vide de droite à gauche en attendant que la cliente règle ses achats.  

A un moment, ses yeux ont croisé les miens. Je lui prépare alors mon plus beau sourire et un bonjour. Et bin, tu m’aurais vu, je me suis retrouvée toute conne avec mon sourire avorté et mon bonjour ravalé. Elle ne m’a pas calculé, mais alors pas du tout, du tout.

Puis j’ai vu ses grands ongles manucurés tapoter d’impatience car la cliente n’en finissait pas de chercher sa carte de crédit.

Enfin, c’était mon tour, j’ai franchi le portique de sécurité, soulagée de ne pas sonner. Mais si rappelle-toi Béa, la fois où je me suis retrouvée pieds nus car mes chaussures n’avaient pas été démagnétisées.

Allo Béa, je passe en caisse

Bref,  je me mets en mode turbo, sac en bandoulière et mains automatiques pour saisir mon premier article et là j’ai droit au protocole « Accueil de caisse ». Tu sais, le sourire ultra Bright  assorti du bonjour monocorde. Et pis c’est tout, ma vieille, j’ai pas eu un mot de plus, la fille s’est mise à scanner et moi à speeder.

Je me suis mise à remplir mes sacs à l’arrache car les courses déboulaient genre pop-corn qui sortent d’une casserole sans couvercle.

A un moment, j’ai vu son avant-bras qui poussait le tas qui s’accumulait parce que je n’allais pas assez vite.

J’ai senti une petite suée sur mon front parce que j’avais encore plein de trucs à ranger. Et là, j’ai entendu la voix aigüe qui m’annonçait le prix à payer, réclamait ma carte de fidélité et mon pedigree …. Et moi je pensais, purée, si les œufs s’en sont sortis, j’aurais de la chance. 

Payement accepté!      

Elle m’a alors tendu les deux mètres de ruban de caisse et m’a dit au revoir.

Une boîte de cassoulet encore à la main j’ai voulu répondre au revoir mais elle ne me regardait déjà plus. Un jeune homme à barbe venait de passer le portique protocolaire.

Sourire, bonjour, scanne des packs de bière.

J’ai poussé vite fait mon chariot dans l’allée pour dégager le terrain, me débattant  avec ma carte, mes tickets à plier, un chou-fleur qui se barrait et j’ai pensé comme dans un jeu quand on regagne son camp : ouf, je suis sauvée !

Allo Béa, je passe en caisse

 Sinon Béa, t’as essayé le Drive ? Confortablement installée dans ton canapé, tu mets des articles dans ton panier virtuel et tu les récupères au dépôt à l’heure qui te convient.

Je te préviens quand même, fais gaffe de bien cliquer où il faut. Un jour, je me suis retrouvée avec deux lots de 6 boîtes de thon et trois kilos de courgettes.

Non mais sinon, c’est bien le Drive, l’employée est vachement plus aimable qu’en caisse.

T’as qu’à voir? Y’a pas longtemps au moment de récupérer ma commande, elle m’annonce qu’il manque les melons. Je lui demande comment ça se fait vu qu’ils étaient disponibles sur le site. Et voilà qu’elle me toise en me disant que ce n’est plus la saison. J’en suis restée coite, c’est vrai que fin août, c’est plus la saison des melons ! 

Bon, en fait, ce que je préfère, c’est la solution scanette. Tu connais l’adage on est jamais mieux servi que par soi-même.

Tu passes ta carte sous un lecteur, tu saisis la scanette qui clignote et tu vois s’afficher : Bienvenue Madame Cliente.

Enfin quelqu’un de sympathique dans ce magasin.

Allez Béa, bisous, à plus.

Allo Béa, je passe en caisse

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Publié le 14 Avril 2016

Les campagnardes à Paris - La consigne SNCF

Le séjour se termine, nous passons à la gare pour déposer nos bagages à la consigne afin d’avoir les mains libres pour les visites de la dernière journée.

Le système de sécurité est digne des aéroports, nous devons déposer nos valises sur le tapis roulant pour qu’elles passent aux rayons X.

L’opération dure un grand moment.

Faut je met' mon KW et ma bouteille d’eau et mon téléphone portable et mon appareil photo et mon sac à dos…

Les filles faut tout mettre, il a dit le grand monsieur

Il a beau démarrer sa journée,

il est pas gracieux, gracieux celui là

Nous passons ensuite sous la porte détectrice de métaux.

Tient je sonne

Ça ne peut être que ma ceinture cloutée. Je soulève mon tee shirt pour la montrer au gardien.

Il fait un signe de la main pour me dire de passer

Les consignes sont des grandes cases d’environ un mètre de haut.

On va en prendre deux dit l'une des amies.

Mais le grand gars baraqué est toujours là derrière nous.

Une ça devrait aller grommelle t’il.

Nous on a tout enfourné à l’arrache et évidement ça ne tient pas.

Le gars ne rigole toujours pas, il fait des gestes directifs pour qu’on ressorte tout notre barda.

Essayez au moins avant de dire que ça ne tient pas ajoute t’il agacé

Il dirige la manœuvre: le grand sac dans ce sens, le sac à dos dessus, les petits sacs sur le côté.

Bin , en fait ça tient!

Malgré sa mauvaise humeur, il nous a tout de même fait économiser une case et vue le prix : 9€50 c’est pas négligeable.

Le soir venu, la même scène recommence.

Ce coup ci, le gardien me demande de défaire ma ceinture.

Mais monsieur, ce matin je l’ai pas enlevé ?

Enlevez, dit le mec en pointant un doigt autoritaire.

Véro, E  N  L  E  V  E   ta ceinture à clous, répète ma copine en rigolant.

Je m'exécute en pouffant et on peut enfin récupérer tous nos bagages.

Avec le plan vigipirate renforcé, je me demande bien ce qu'on nous fait enlever ces temps ci aux consignes SNCF de Paris.

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Rédigé par Véronique

Publié dans #Tranches de vie, #Humour

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