Sur les pas de Bernadette - 3 : L'affaire Soubirous

Publié le 8 Août 2016

Sur les pas de Bernadette - 3 : L'affaire Soubirous

Dimanche 14 février 1858

Après la grand-messe, un groupe de six petites filles accompagne Bernadette irrésistiblement attirée à la grotte.

Elles ont peur, elles ont hâte. Dans la France superstitieuse du 19ème siècle, elles se sont munies d’eau bénite au cas où « ce serait du mauvais ».

Bernadette a devancé tout le monde. Ses amies la retrouve en prière le visage transfiguré. La dame est là et elle l’asperge d’eau bénite. La dame sourit.

L’atmosphère est remplie de mystère, les autres ne voient rien d’autre que Bernadette agenouillée, le visage extatique.  

Une fille a grimpé sur la roche, elle balance une grosse pierre dans le canal. Les enfants s’éparpillent en hurlant.

Les plus courageuses restent prés de Bernadette, elles veulent la déloger  mais elle est comme enracinée les genoux dans les pierres.

L’histoire se propage dans Lourdes, Bernadette se fait gronder par ses parents et les sœurs de l’école.

Jeudi 18 février 1858

Sollicitées par deux dames notables de Lourdes, Bernadette malgré l’interdiction retourne de très bonne heure à  la grotte.

Les femmes ont pris une écritoire pour que la vision inscrive son nom.

La dame en blanc est bien là et elle répond à Bernadette, dans un dialogue muet,que ce n’est pas nécessaire.

Elle demande à Bernadette de lui faire la grâce

de revenir ici quinze jours durant.

Bernadette promet et la dame lui promet à son tour de la rendre heureuse non pas dans ce monde mais dans l’autre

Bernadette en extase

Bernadette en extase

15 jours d’apparitions

De jour en jour, les proches et les badauds enfle le groupe se rendant à la grotte. Il y a cent personnes le 21 février, des milliers les jours suivants.

Le commissaire de police s’en mêle, tente de percer la supercherie, les influences, les intérêts.

Mais pendant toute cette période Bernadette refuse d’être mise en avant, refuse les dons en nature et l’argent qu’on lui propose.

Elle est chaque jour un peu plus importunée par nombre de gens qui veulent l’interroger, lui faire toucher des objets. Elle est raillée par ses camarades d’école, rabaissée par les religieuses, interrogées des heures durant par les autorités.

Elle reste simple, ne changeant pas d’un iota à ses récits et à ses descriptions. Elle nomme la dame de « cela » car elle ne sait pas qui elle est.

Malgré les pressions, les interdictions, Bernadette ne peut s’empêcher de rejoindre la dame du rosier sauvage de Massabielle, elle est irrésistiblement attirée.

Bernadette, poursuit chaque jour ses rencontres invisibles pour autrui. La foule observe la jeune fille calme et immobile qui récite son chapelet face à la grotte vide.

Les gens observent également la visionnaire pleurer, rester insensible au feu du cierge, se prosterner, baiser la terre, réciter son chapelet, sourire, psalmodier...

Le 23 février, l’apparition lui demande de faire construire une chapelle et de venir ici en procession.

Dans le pays, tout le monde ne parle plus que de l’affaire Bernadette Soubirous, les uns accréditent qu’il y a « quelque chose »  alors que  les autres déclarent que Bernadette est folle ou manipulée.

La petite ville de Lourdes est prise d’assaut, les autorités civiles et religieuses sont tenues d’intervenir. Le curé Peyramale demande une preuve tangible de la présence de cette dame alors que le procureur veut démasquer l’imposture.

D'un jour à l'autre, la foule grossit

D'un jour à l'autre, la foule grossit

Le 25 février 1858

Dès deux heures du matin, Il y a 350 personnes au pied de Massabielle. De nombreuses personnalités, des journalistes, des notables se sont joints aux villageois. Les gendarmes assurent le service d’ordre, des barrières ont été installées, un pont de fortune a été jeté sur le canal, des cierges brulent…

La grotte est devenue en quelques jours, un lieu de dévotion.

Bernadette doit se frayer un chemin dans la foule pour regagner sa place. Comme chaque jour, la jeune fille s’agenouille et son visage se transfigure lorsque la dame parait.  

Ce jour-là, la dame blanche lui demande d’aller boire et se laver à la fontaine et de manger de l’herbe.

Bernadette se dirige alors vers le Gave mais la vision lui fait signe de regagner les rochers. 

La foule observe les va et viens de Bernadette, les expressions de son visage.

Soudain, Bernadette se rend au fond de la grotte et se met à grimper à genoux sur la pente caillouteuse.

 Elle trouve un trou boueux et elle doit s'y reprend à quatre fois pour réussir à se frotter le visage et à boire cette eau sale. Elle mange ensuite des feuilles de cresson qui poussent sous la voute de pierre.   

Les observateurs sont sidérés et ceux qui ont cru en « quelque chose »  sont cruellement déçus, cette fille est dérangée.  

L’après-midi, des gens retournent pourtant à la grotte et plante un bâton dans le trou de terre rouge. 

Et voilà qu’une source est en train de jaillir. Les Lourdais remplissent les premières fioles de cette source neuve qu’ils pressentent  miraculeuse.

Les jours suivant la foule grossit encore. Bernadette indifférente effectue scrupuleusement les gestes de pénitence que la dame lui réclame.

De nombreux témoins relatent cette transfiguration incroyable du visage de Bernadette pendant les apparitions de la dame. 

Le silence et le recueillement règnent à Massabielle. 

Bernadette boit dans le trou d'eau sale

Bernadette boit dans le trou d'eau sale

Dans la nuit du 28 février au 1er mars, se produit le 1er miracle. L’eau du creux est devenue une source et Catherine Latapie prête à accoucher, se rend malgré tout à la grotte. Un bassin recueille désormais l’eau limpide  qui ruisselle du trou boueux. Catherine est handicapée d’une main et elle la plonge dans l’eau de la vasque qui a été construite.  Elle retrouve rapidement l’usage de ses doigts. Elle a encore le temps de parcourir les sept km qui la sépare de sa maison où elle arrive à temps pour accoucher d’un fils qu’elle prénomme Jean-Baptiste.

Quelques jours plus tard, un aveugle recouvre la vue en se lavant les yeux avec l’eau de la source.

Et cinq autres guérisons inexpliquées se produisent dans le pays.

Bernadette reste éloignée de ces guérisons jugées miraculeuses et de toutes les propositions et dons qui lui sont offerts pour la sortir de la misère. 

Les autorités cherchent toujours l’escroquerie, elles repartent bredouille, constatant chaque jour combien la jeune fille est intègre.  

La source de la grotte

La source de la grotte

Le jeudi 25 mars 1858

Bernadette demande une nouvelle fois à la dame quel est son nom.  

C’est le grand jour où la dame lui répond : Je suis l’immaculée conception.

 Bernadette ne comprend pas ce que cela veut dire mais court chez le curé en répétant le nom tout le long du chemin.

Le prêtre est étourdi, ému aux larmes de ce nom qui lui est révélé. Cette reconnaissance de la vierge en tant qu’immaculée conception, est une notion théologique toute nouvelle édictée par le pape. Bernadette ne peut avoir inventé ces paroles. Voici la preuve qu’il attendait.

Peu après les autorités font barricader la grotte et la débarrasse des objets pieux qui y sont entassés. Les gens continuent pourtant de prier de l’autre côté du Gave. 

Le vendredi 16 juillet 1858, Bernadette incognito, se mêle à la foule. C’est la dernière apparition.  Bernadette déclara plus tard, qu’elle semblait se trouver dans la grotte malgré la séparation de la rivière. Elle dit aussi que la Vierge n’avait jamais été aussi belle.

En juillet 1858, l’évêque de Tarbes diligente une enquête pour savoir s’il y a réellement eu des apparitions de la vierge à Massabielle. A suivre

 

Le début de l'histoire de Bernadette

Episode 1: Son enfance

http://tdbc.over-blog.com/2016/08/sur-les-pas-de-bernadette-1-son-enfance.html

Episode 2 : Massabielle

http://tdbc.over-blog.com/2016/08/sur-les-pas-de-bernadette-2-massabielle.html

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