Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Publié le 13 Juillet 2016

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Quelle joie d’arriver à la colo de la Couarde sur mer après toutes ces longues heures de voyage et la traversée en bac !

Nous sautons des cars, heureux d’enfoncer nos pieds dans le sable de l’immense cour carrée.

Il fait encore chaud en cette fin d'après-midi et l’on nous dirige à l’ombre de la galerie bordée de pins pignons.

La centaine d’enfants s’asseyent pour la distribution de pâtes de fruits et du sirop de grenadine.

Raymond le directeur nous repartit ensuite dans nos groupes : les petits de 6/8 ans, les moyens de 9/11 ans (mon groupe), les moyens-grands de 11/12 ans et les grands de 13/14 ans.

Je rejoins 7 autres petites filles autour de notre monitrice Babeth, une rouquine au sourire accroché aux lèvres. Elle nous conduit vers les valises qui gisent à côté des soutes ouvertes des autocars.  

Chacune traine peu après son barda jusqu’au bâtiment de droite, celui des filles.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

La fraicheur et la pénombre nous saisissent en pénétrant dans les chambres aux rideaux tirés.

Notre box est situé au milieu du dortoir, ses murs sont immaculés et tranchent avec les dessus de lits aux rayures colorées. Nous nous précipitons pour choisir nos places, toutes persuadées d’avoir obtenu la meilleure.    

Babeth nous demande de sortir nos affaires et de les étaler sur le lit; elle va passer pour l’inventaire.

Elle s’occupe de nous à tour de rôle et pendant ce temps-là les autres partent à la découverte du dortoir. D’abord timidement puis avec de grands rires, nous arpentons le long couloir. Tout au bout, nous croisons les grandes filles qui gloussent de se retrouver alors que de l’autre côté, quelques petites pleurent leur maman.

A l’extrémité du dortoir, il y a des barres de lavabos, les WC et une salle pour se déchausser. Le sol est recouvert d’un carrelage et les portes vitrées donnent sur la galerie couverte qui nous a accueillis tout à l’heure.

Par les fenêtres, nous apercevrons les garçons devant un bâtiment identique au nôtre, ils ont revêtu des shorts et jouent au football. La chance !

Babeth, on peut aller jouer dehors ?  

L’après-midi se termine par un jeu de chandelle en cercle au milieu de la cour.

Il court, il court le furet....

Le lendemain et chaque matin, le réveil est échelonné, chacune se lève à l’heure qui lui convient, ouvre son lit, fait sa toilette et enfile son short et ses baskets.

Au réfectoire un solide petit déjeuner nous attend : pain frais, beurre et confiture, compote, chocolat et café au lait, de quoi prendre des forces pour la journée.

A 9H30, toutes les filles sont prêtes et nous allons faire nos lits, ranger nos chambres avant de rejoindre les garçons.

La matinée est consacrée aux activités manuelles : pompons, objets en pinces à linge, colliers de perles, tableaux de fil tendus, portes serviettes en raphia et puis nous chantons accompagnés de Gérard à la guitare.

« Au loin on voit tourner la mouette autour d’un point noir sur du bleu, nul ne sait qu’elle guette son amoureux »  ou

« Tiens bon la barre et tiens bon le vent, Hisse et ho, Santiano »

C'est beau!

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Avant midi, nous nous rendons aux marabouts, il faut se mouiller le visage et les bras puis s’allonger sur des lits de camp pour une « cure de sommeil ». C’est un moment  de retour au calme qu’on appelle aujourd’hui relaxation. Je sens encore l’eau qui s’évapore de ma peau sous la tente réchauffée par le soleil de la mi-journée et j’entends la voix lente du moniteur qui nous demande de nous détendre et de fermer les yeux.

A 12H30, bien apaisés, nous passons aux lavabos pour nous laver les mains puis nous gagnons le réfectoire.

Nous servons nos camarades à tour de rôle et d’autres vont chercher le pain ou remplissent les brocs d’eau. Nous sommes fiers de ces petites tâches qui nous responsabilisent et nous autonomisent.

A table, on nous demande de tout goûter et l’on apprend quelques astuces de colo comme manger sa compote dans son verre ou sa part de gâteau sur l’envers de l’assiette.

Le jour des frites, il y a toujours du rab et nous faisons mailloche. Autant vous dire que je n’ai pas trouvé "la définition colo" de ce mot dans le dictionnaire. Il veut dire que toute la table se précipite sur le plat ( au grand dam des moniteurs).

Raymond sort alors son sifflet et plus personne ne bronche.

En fin de repas, l’on débarrasse les assiettes et les verres pour faciliter le travail des personnes de service.   

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Après avoir mangé, c’est l’heure tant attendue du courrier. Je reçois une carte pratiquement chaque jour, de mes parents, grands-parents ou tantes. De belles images que j’affiche au-dessus de mon lit.

L’une ou l’autre des fillettes reçoit parfois un colis rempli de bonbons, de petits jouets et de journaux illustrés.

Le partage est la règle car un certain nombre

de petites copines ne reçoivent rien.

On se regroupe ensuite à l’ombre des galeries pour lire son courrier, faire des jeux de mains ou de ficelles et ramasser des pommes de pin dont nous mangeons les amandes.

Trois p'tits chats,
Trois p'tits chats,
Trois p'tits chats, chats, chats,

A 14H, nous rentrons au dortoir pour la sieste. C’est un temps où chacune doit s’occuper en silence sur son lit. Les plus petites dorment pour de bon alors que les grandes lisent, écrivent ou fabriquent des scoubidous.

Youpi, la sieste est terminée. Nous enfilons les maillots de bain, les chapeaux et nous préparons la trousse de secours, le périmètre, la caisse de pain et les bidons de sirop pour le goûter.

En route pour la mer

Nous traversons le petit bois Henri IV aux odeurs de résine puis pieds nus, nous grimpons le chemin de la dune bordé d'herbes touffues et de fleurs violettes.

La mer est là, haute, bleue, magnifique, bruyante et reflue mousseuse et odorante sur le sable clair.

Pour beaucoup d'enfants, c'est une découverte et les cris de joie couvrent bientôt le bruit des vagues et du vent marin.

Oh la baignade n’est pas bien longue, 1/2 heure environ pour permettre à tous les groupes d’en profiter. Nous nous séchons bientôt entortillés sous notre serviette de bain pour enfiler une culotte sèche.

Puis vient le temps des jeux de plage. Nous ramassons des coquillages, creusons de puits, enterrons les pieds de nos copains, jouons aux osselets avec des cailloux.

Que de bons moments !

Il est l’heure de gravir  à nouveau la dune et de regagner la colo, direction les douches et la lingerie où chacun à sa case avec son linge marqué.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Après diner, nous gagnons les bâtiments en bois pour une veillée de petits jeux calmes, de chants, ou de contes. Pour la première fois de ma vie, je fais connaissance avec les lettres de mon moulin et ce curé de Cucugnan qui nous fait tant rire.

 

Deux fois par semaine nous partons en randonnée avec le KW autour de la taille. De longues marches d’une demi ou d’une journée entière pour nous rendre au phare des baleines (11,2Km), St Martin en Ré (8,5km), Ars en Ré (7Km), Loix (5km)…

A midi le directeur nous apporte les caisses d’œufs durs, de tomates, les fruits, le pain d’épice et les indispensables jerricanes de sirop de menthe ou de grenadine.

Et nous chantons sans cesse pour nous donner du courage, un kilomètre à pied ça use, ça use…

 

Il y a aussi les matinées correspondances, nettoyage des chaussures, ramassage des papiers de la cour.

La colo nous apprend le civisme et le vivre ensemble

 

 

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré
Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Chaque samedi soir, il y a une Grande veillée préparée par un groupe d’âge. Un spectacle de chants, de danses, de sketches auquel toute la colo assiste.  

Rires et applaudissements réjouissent les colons

Les dimanches sont des journées de fête. Après le spectacle de la veille, la grasse matinée est autorisée puis nous rejoignons nos moniteurs qui tiennent chacun un atelier.

Individuellement nous choisissons notre activité préférée : construction de cabanes dans le petit bois attenant, activités manuelles, chants, contes, jeux, cuisine…

Le repas du midi est ce jour-là amélioré et l’après-midi est consacrée à un grand jeu, une kermesse, un jeu de piste ou une chasse au trésor avec un goûter de crêpes, de glaces et des bonbons à gagner.

Le 14 juillet est aussi un jour de fête, nous nous déguisons, fabriquons des drapeaux et le soir venu, nous nous rendons sur la plage pour voir le coucher de soleil puis le feu d’artifice.

 

Les soirées sont aussi ponctuées des anniversaires du mois dont le mien. Je souffle cette année-là, mes neuf bougies, entourée de mes amies; elles m’ont fabriqué un petit cadeau de coquillages et de pommes de pin avec l’aide attentif de Babeth.

Ma jolie colonie de vacances à l’île de Ré

Quatre semaines passent vite, nous nous sommes bien amusées mais il est temps de passer à la pesée et sous la toise. Il est de bon ton d'avoir grossi et grandie  pendant ce mois et ceci est inscrit sur notre fiche sanitaire.

Le dernier jour, nous allons à la Couarde acheter les souvenirs. Je prends un petit chalutier sur un socle avec l'inscription "Ile de Ré".

L'aprés-midi, il faut refaire l’inventaire, remplir les valises et nous faisons les follettes en sautant sur les lits.

Au petit matin du dernier jour, nous plions nos draps, bouclons nos valises et embrassons bien fort nos camarades et nos moniteurs. Il y a des larmes, des joues mouillées de tristesse de se séparer et des promesses de revenir l'année prochaine.

Nous repartons toutes dorées, les genoux couronnés et la tête bourdonnante de refrains entrainants et d'amitiés d'été.

Au revoir l’Ile de Ré, nous allons retrouver nos parents !

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Publié dans #Quand j'étais petite

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maman délire 14/07/2016 16:19

Je suis toujours enchantée de lire vos textes, ils m'emmènent loin, ailleurs... 4 semaines de colo ? c'est long, mais ça devait bien laisser le temps d'en profiter et de se faire de vrais copains !

14/07/2016 17:51

Merci maman délire et l'on peut se tutoyer.
C'était une autre époque et l'on ne se posait pas de questions, les colos étaient des séjours de 4 semaines et plus encore dans les années 50/60.
C'est comme pour l'internat, il fut un temps où les pensionnaires ne rentraient qu'aux vacances.
En tout cas, merci de me lire et de me faire partager tes impressions
Bonne fin de journée
Bien amicalement
Véronique