Les campagnardes à Paris - Le métropolitain

Publié le 14 Avril 2016

Les campagnardes à Paris - Le métropolitain

Avec un groupe de copines nous débarquons à Paris en cet fin d'été 2013.

La plupart des filles n'a jamais mis les pieds dans la capitale et nous ressemblons à une bande de provinciales un chouia ahuries.

L'expérience dont quelques unes se souviendront encore longtemps est celle du métro.

Notre bête noire, la station Châtelet/ Les Halles, le plus gros nœud parisien par lequelle nous transitons à plusieurs reprises au cours de notre séjour.

Des kilomètres de couloirs carrelés, des fourmilières humaines s'agitant en tout sens , des SDF, des musiciens , des bruits inconnus, des odeurs...

Le long tapis roulant devient immédiatement le terrain de jeux des deux enfants qui nous accompagnent. Ils se mettent à courir sans prévenir.

Mais c'est aussi le terrain de vol à la tir pour d’autres gens qui ont bien repéré que nous étions des touristes.

L'une des filles en fait peu après l’expérience malheureuse en rattrapant son sac in extremis.

Ce Paris sous terre, nous fait peur tellement il est éloigné de notre campagne familière.

Grosse émotion pour tous. On lui avait bien dit à notre amie de mettre son sac en bandoulière!

Dans la foulée, une autre des filles, sans doute perturbée par l'événement du sac, s’entrave au bout du tapis roulant et s’étale de tout son long.

Moins une pour une collision humaine en chaîne.

Pour rejoindre les quais, il faut glisser son ticket dans le composteur, le récupérer à l’autre bout et pousser le tourniquet.

Opération facile pour des millions de gens qui l'effectuent multi quotidiennement mais qui devient le pire cauchemar de l'une de nos camarade.

Le trident du tourniquet lui joue des tours à chaque passage et la pauvre se retrouve bloquée. .

Nous assistons impuissantes à son stress grandissant.

A quatre pattes, la voilà contrainte de franchir l’obstacle de façon pas trop académique et qui lui vaudrons quelques contusions.

Et dans d'autres stations, il faut en plus gérer la porte guillotine qui malheureusement se referme avant le passage d'une 3ème protagoniste.

Ne lâche rien

Inscription trouvée au sol dans notre périple

Un peu plus tard dans la rame, la fillette du groupe prend une leçon de vie.

Son petit bout de langue tout rose, pour s’amuser, pour braver sort de sa bouche en direction d'un monsieur à la canne blanche qu'elle croit non voyant.

C’est mal, elle le sait, sa maman ne relâche jamais son rôle éducatif mais la petite fille est espiègle et ne fait jamais relâche elle non plus.

Elle mérite une remarque et doit s’excuser.

Et voici que cet l’homme s'en prend à la fillette de façon complétement disproportionnée. Il l’invective violemment en lui signifiant qu'il n'est pas aveugle mais mal voyant et qu'il a très bien vu qu'on lui tirait la langue.

La maman se place instinctivement devant sa fille pour la protéger des cris et des gesticulations du bonhomme qui semble ne pas vouloir se calmer. Il s’en prend indistinctement à la mère et à la fille.

Mon amie garde un calme Olympien qui évite l’escalade de la violence.

Nous avons tous eu peur et la petite fille s'est assise pétrifiée sur un strapontin. Elle pleure, tête baissée et rentrée dans ses épaules.

Avec un peu de recul, nous discutons de ses deux mondes qui se sont croisés, l’espace d’une situation, celui de l’enfance inconsciente et du handicap violent.

Être handicapé justifie t’il un tel manque de discernement d’une espièglerie d’enfant?

Cet homme subit t’il des remarques perpétuelles qui lui ont fait perdre tout sens commun ?

Une fois sur le quai, la maman prend du temps pour expliquer une fois de plus à sa fille que les gens sont tous différents et que chacun doit être respecté quelque soit sa couleur, sa corpulence ou son handicap.

Et pour terminer le trajet en métro, une note une peu humoristique.

Dernier déplacement pour rejoindre la gare. La ligne est plus moderne et les stations sont annoncées par haut parleur :

Bercy, Bercy, Bercy

Et voici qu'il y en a une qui demande à plusieurs reprises et très sérieusement :

Pourquoi, la dame n’arrête pas de dire Merci?

Bin parce qu’elle est bien élevée, pardi!

Rédigé par Véronique

Publié dans #Tranches de vie

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Commenter cet article

Véronique 14/04/2016 20:04

J'ai fait remonter cette histoire en lien avec ce chapitre que je viens de publier :
http://chemindedeuil.over-blog.com/2016/04/chapitre-26-a-la-croisee-des-chemins.html

Véro T 13/02/2015 08:31

Magnifique, humanité, doux regard et analyse douce , il va falloir que tu m 'offres des mouchoirs pour continuer à te lire ma Véro

Véronique 13/02/2015 08:52

Merci de ton joli commentaire.

Un autre épisode des Campagnardes à Paris dans la journée.

Yohann 12/02/2015 18:25

Ben dis donc !
Ça fait drôle de découvrir Paris sous tes mots.
C'est encore plus vrai que nature.

J'adore le style, comme un joli conte ... avec une jolie morale !

Yohann

leszages 12/02/2015 18:11

tres bien continu

Véronique 12/02/2015 18:14

Merci ;)