Lectures et liberté

Publié le 24 Février 2015

Lectures et liberté

J'ai 7 ans lorsque je découvre Les Club des cinq de Enid Blython. Je cours avec les 4 enfants et le chien Dagobert, je pars en camping sur l’île au trésor ou au phare des tempêtes ou encore dans la maison hantée.

Je dévore aussi Les Clan des 7, une société secrète aux aventures extraordinaires qui se réunit dans des lieux insolites où l'on obtient le droit d'entrer en donnant le mot de passe.

Et toujours du même auteur, la série des Mystères qui m’entraîne avec d'autres personnages dans  péripéties extraordinaires.

Les points communs de ces livres de bibliothèque rose sont l’aventure et la liberté.

De très jeunes enfants qui se retrouvent sans cesse dans des situations extrêmes, qui dénouent des intrigues, espionnent les bandits, sautent par la fenêtre, passent le nuit dehors, allument des feux de camp, se déplacent à vélo sans contrainte.

Avec les copines de primaire, nous mettons en place un véritable trafic de bibliothèque rose, nous échangeant le matin de bonne heure sous le manteau un "Club des cinq et les gitans" contre "Un mystère de la péniche".

Le mercredi après midi, nous fabriquons des insignes de notre propre clan avec mot de passe pour entrer dans le garage d'une petite copine.

Des jeux d'enfants pas si innocents où les chefs et les suiveurs se révèlent où les jeux nous construisent de par cette imagination débridée alimentée par nos lectures mouvementées.

Mais une fille grandit vite, nous voici de grandes demoiselles de 10 ans en classe de CM2, nous lisons désormais la bibliothèque verte, les Alice et les sœurs Parker de Caroline Quine.

Des histoires de jeunes filles de 18 ans, détectives amateurs, que nous suivons désormais à l'université, en voiture, en voyage à travers le monde. Elles ont des amoureux, vont au bal et résolvent des enquêtes et intrigues compliquées.

Pendant les vacances, c'est la bibliothèque de mes grand-parents maternels qui assouvie ma passion des livres.

Lectures moins actives, plus champètres, je découvre toute la collection de la Comtesse de Ségur et ces livres verts appelés du nom de leur auteur Les Trilby.

Installée sur le dossier du canapé rouge, je dévore sans autre contrainte les Malheurs de Sophie, Les petites filles modèles ou Un bon petit Diable…

Je découvre la discipline sévère, les punitions au pain sec et à l'eau. J'entrevois les différences sociales et la notion de charité faite au plus pauvres.

Les Trilby montrent également divers milieux sociaux et culturels, apportent une ouverture sur le handicap ou la différence.

Toujours une morale et des valeurs d'efforts et d'amélioration de soi mises à l'honneur.

Je galope à travers Paris avec Dadou, le pauvre gosse qui survit en vendant illégalement sur les marchés et vit avec sa maman veuve dans une roulotte déglinguée. Sa rencontre avec Guy le petit garçon riche et handicapé va changer sa vie à jamais.

Je pars en vacances et gagne ma liberté avec cette bande de cousins qui pendant deux mois vont s'auto gérer dans la montagne Cannoise, s’épanouir et faire aussi de grosses bêtises.

Je visite les rites et coutumes du Japon, de l'Inde ou du Maroc avec des enfants de mon âge qui découvrent les différences de culture, de coutumes et de religion.

 

Et pour terminer l'inventaire des bouquins marquants de mes premières années de lectrice, je citerais le Petit Prince dont une magnifique édition illustrée m'a été offerte pour mes 8 ans.

Je découvre avec curiosité, le boa géant qui a avalé un éléphant, toutes ces petites planètes rigolotes, cet arbre qu'on appelle baobab, la rose et le renard et cette image de fin du petit garçon foudroyé qui m'a tant impressionné...

Le petit prince est d'abord ce très beau livre d'images où je me plonge le soir venu.

Je lis aussi peu à peu, des bribes de l'histoire sans en comprendre la portée.

Je devine la signification des mots en les associant aux images, un allumeur de réverbère, un buissessman, une comète, un cratère...

Quelques années plus tard au collège, je découvre St Exupéry, son histoire...

Ce livre reste depuis toujours à portée de main.

Devenue maman, je l'ai fait découvrir à mes filles et je l'ai redécouvert moi même avec une lecture adulte.

En 2012, j'ai compris du fond de mon cœur ce que signifiait « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est Invisible pour les yeux."

Rédigé par Véronique

Publié dans #Quand j'étais petite, #Culture

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ptitedelph 14/05/2016 21:42

Quels doux souvenirs holala effectivement <3 J'étais dingue du Club des Cinq et puis d'Alice, après avoir avalé toute la Comtesse de Ségur (c'est fou ce succès qu'elle a eu, je me suis souvent demandé si elle pensait qu'elle en aurait autant au moment où elle a écrit toutes ces oeuvres qu'on n'oublie pas et qu'on passe de génération en génération) Le Petit Prince, je l'ai lu bien plus tard, le relis régulièrement, il est surligné, j'ai noté les citations qui me touchaient le plus, toujours à portée de main comme s'il me rassurait. J'appelle ce genre de livres, des livres-doudou. Bisous :)

16/05/2016 17:29

Cc Delph, merci de ton message sur mon blog.
Chaque génération a sa série de bouquins jeunesse culte mais la comtesse de Ségur est intemporelle.
A bientôt de te lire
Véro

Yohann 25/02/2015 16:40

Véro,
Sais-tu que tu as une chance merveilleuse de pouvoir vivre avec les souvenirs des livres qui ont bercé ton enfance !

Je n'ai pas cette chance, hélas.
Tout est parti ou enfoui au fond des méandres effacés de ma mémoire.
Chaque fois que quelqu'un me parle de son passé, je lis avec avidité, espérant retrouver ainsi des traces, des pistes vers ce qui a pour moi disparu.

Parfois, cela réveille des bribes et aussi des périodes d'intenses analyses de moi-même.
Bibliothèques Rose, Verte, Rouge et or ... , je ne vais pas plus loin !

La chance de lire adulte ce qu'on a pu lire, mais avec des yeux d'enfants; comme he voudrais tant !

Yohann

Souricette (Marie) 25/02/2015 22:37

Je me souviens qu'on avait notre place précise sur ce canapé en faux cuir, personne ne devait bouger au risque de ne plus regarder Casimir...Aglaé et Sidonie.. ou Pollux.

On chantait Chapi-Chapo, et on pleurait en regardant Candy....Que de souvenirs.

Amitiés

Marie

Souricette 25/02/2015 00:08

Milles souvenirs ces livres, nous sommes décidément de la même époque.

J'avalais les livres, on échangeait dans le bus.

Petite j'ai eu le droit a la collection de Martine et tous ces derivés, que je lisais avec un verre de tang couchée sur une couverture sur la pelouse de mes parents.

L'époque de Candy, Princesse Sarah, Goldorak, Albator, toutes ces choses qui nous rappellent notre enfance nous montrent comment le monde est devenu et la nostalgie ne peut qu'être en nous,

La perte de CABU nous montre aussi que notre époque était bien plus douce et on rigolait de le voir dessiner. On lisait aussi du CABU.

Joli souvenir !!!

Amitiés

Marie

Véronique 25/02/2015 17:59

Cc Marie (Souricette), tous ces hérauts de dessins animés que nous regardions dans les visiteurs du mercredi. Et flipper, Daktari, l'autobus à impérial...Souvenirs insouciants de journées de congés où les adultes se lamentaient déjà de nous voir affalés toute une après midi devant la TV.