La courette - Les bétises c'est mieux à deux

Publié le 18 Février 2015

La courette - Les bétises c'est mieux à deux

Toute petite je joue dans la courette qui sépare la maison de mes grand-parents de la mienne.

Quelques mètres carrés avec la parterre de fleurs de mémé, un banc de pierre, du fourre tout sous l'escalier  et un fil à linge qui sert lorsque maman n' a pas le temps de descendre au jardin.

Il y a aussi une plante grimpante qui s'appelle polygonum dont je mange les feuilles au goût sucré. Plus tard, elle sera remplacée par un frêne pleureur qui donnera de l'ombre dans la cour.

Au coin de la maison, des pieds de rosiers grimpants aux grosses fleurs roses ou rouges qui embaument le mois de mai.

Un jour, mon grand-père avait greffé deux autres variétés sur le même pied. Tout le monde dans le bourg a admiré le rosier à trois couleurs qui n'a duré qu'une seule année.

La porte de la cuisine de mémé est toujours ouverte pour surveiller nos jeux et surtout nos chamailleries.

A deux sur le tricycle, à cheval sur la rampe d'escalier, debout sur la banc...

L'autre jour, j'avais sorti mon landau de poupées avec son ciel de lit en percale moucheté. Et l'on s'est disputé un poupon qui dormait tranquillement dans le petit lit. Résultat, mon petit frère est tombé à la renverse et s'est tapé la tête contre un muret.

La grand-mère alertée par le bruit est intervenue et tout c'est enchaîné, mes parents étaient là, je me suis fais fâcher et la voiture a démarré avec mon frère et mes parents dedans. Ils partaient pour la clinique.

Je pense que cette situation a provoqué le premier ressenti de culpabilité de ma courte vie.

Au mois de septembre, nous sommes aux premières loge pour regarder l'arrivée de la course cycliste et applaudir les coureurs. La rue raisonne de klaxons à trois tons et est parée de banderoles à fanions.Une jeune fille en belle robe remet un bouquet au gagnant et lui fait la bise.

Quand je serais grande, je serais la reine de mon village moi aussi !

Un autre jour pour une manifestation, un gendarme poireaute au coin de la maison et comme je ne veux pas ranger mes jouets mon père va le chercher. Le gendarme s'acquitte très sérieusement de sa mission et les joujoux regagnent leur boite en deux temps trois mouvements. Depuis ce jour, à chaque fois que je vois un 4L bleue à gyrophare, je me tiens à carreaux. Je suis persuadée que les gendarmes sont équipés sous leur képi, d'un système d'écoute de mes bêtises.

 

Mais cette courette, c'est aussi les repas d'été où l'on sort la table en formica de mémé pour manger tous ensemble avec les parisiens venus pour les vacances. Une salade de tomates du jardin, du rosbif froid, des chips et des esquimaux en dessert suffisent à faire notre bonheur juvénile.

La soirée se termine par une balade et des galopades dans les petits chemins aux odeurs de foins coupés. Nous rentrons à la nuit tombante juste éclairés par la lune et les vers luisants.

Le portillon de la courette se referme alors sur notre sommeil d'enfants fatigués mais ravis de cette belle soirée.

 

Rédigé par Véronique

Publié dans #Quand j'étais petite

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souricette 20/02/2015 13:48

Très joli texte mais difficile à commenter.
C'est une partie de ta vie on ne peut qu apprécier de lire

Amitiés

Marie

Yohann 19/02/2015 19:53

La courette !!!!

Surprenant de voir des situations si ressemblantes en des endroits si différents !

Ça me rappelle la maison de mon enfance, où les jardins des maisons n'étaient séparés par aucune clôture et où, enfants, nous passions de l'un à l'autre pour jouer !

Un monde à nous, les adultes n'osant guère se promener ainsi chez l'autre.
Mais, que de bêtises cela permettait à nous autres : pas de frontières, les enfants voisins et amis, les jouets en commun, ... mon premier vélo (en fait, celui de la petite voisine) et ma première chute en descendant l'escalier avec !

On était heureux comme ça ... libres dans nos cachettes rien qu'à nous !

Yohann