L'écolière

Publié le 15 Février 2015

L'écolière

Je rentre à l'école en 1969 dans la classe enfantine de Mme Martin.

L'école est  à deux pas de la maison et rapidement j'ai l'autorisation de m'y rendre seule.

Nous nous regroupons avec les autres petites filles devant la barrière verte de l'école en attendant que le directeur donne l'autorisation d'enter .

 

Nous portons des tabliers en nylon et des cartables en plastiques colorés.

Les unes ont des nattes ou des couettes et les autres tout comme moi une petite coupe au carré qui me fait une bouille toute ronde et un air espiègle.

 

Lorsque la maîtresse tape dans ses mains, nous devons nous mettre en rangs devant la porte d'entée.

Tout le monde entre en silence et en ordre: la classe enfantine et le cours préparatoire, les cours élémentaires puis les grands des cours moyens.

 

Nous pénétrons ensuite dans un long couloir vitré, bordé de porte-manteaux d'un côté et de lavabos de l'autre.

Nous devons nous déchausser car les cours se font en pantoufles pour ne pas salir le parquet ciré.

L'écolière
L'écolière

Nous voilà de petits écoliers, bien droits derrières nos tables en bois avec trous d'encriers (devenus inutiles) et case profonde.

Sur la haute estrade, le bureau de Mme Martin et le grand tableau noir.

Le long du tableau des lettres associés à des dessins. Je me souviens du T comme tante et tente.

Sur le rebord de la fenêtre un gros boulier.

Au mur, des cartes de géographie, de sciences ou d'histoire.

Au fond des petits livres illustrés, des perles, de la pâte à modeler et des jeux étalés sur une grande table.

 

Chaque matin,la maîtresse sort un grand cahier et fait l'appel.

Puis c'est la leçon de moral

leçon de morale

" Personne ne croit plus le menteur, même quand il dit la vérité. "

Viens ensuite la distribution des cahiers recouverts de protèges cahiers aux motifs géométriques.

Nous disposons aussi d’un crayon de papier, d’une pochette de crayons de couleur et d’un livre de lecture. Que de trésors à ranger dans la case puis dans le cartable.

 

La maîtresse nous demande d’ouvrir le cahier rouge à la première page. Elle a inscrit notre nom, notre date de naissance, notre classe et l’année scolaire 1969 – 1970.

A la page suivante je reconnais mon prénom tracé en pointillé

 

Chacun notre tour, nous répétons  nos prénoms avant de les repasser au crayon de couleur sur nos cahiers.

 

Maintenant la maîtresse s’occupe des grands et nous autorise à ouvrir notre livre de lecture.

Elle nous apprend qu’il s’intitule « Je veux lire ».

A l’intérieur nous faisons connaissance avec trois enfants « Cécile, Gilberte et Georges » ce sont les nouveaux amis qui vont nous suivre deux années durant dans ce parcours de l'apprentissage de la lecture.

L'écolière
L'écolière
L'écolière

Sur le bureau de la maîtresse, il y a un truc qui m’intrigue depuis le premier jour. C’est comme un moulin à café transparent avec une manivelle. Je me demande bien à quoi ça sert. Je suis rapidement fixée quand un grand du CP signale que sa mine de crayon a cassé.

 

La maîtresse introduit le crayon dans l’appareil et tourne la manivelle. La boite transparente se rempli de taillures en spirale. Nous observons la scène bouche ouverte de cette découverte extraordinaire.

 

L'écolière
L'écolière

Chaque exercice est gratifié ou sanctionné d'une lettre en rouge. Les Bien et Très bien donnent droit à des bons points . Chaque samedi matin, la maîtresse compte nos bons points et en échange 10 contre des images qui nous ramenons fièrement à la maison.

Photo d'un de mes cahiers
Photo d'un de mes cahiers
Photo d'un de mes cahiers

Photo d'un de mes cahiers

A la récré, nous allons faire pipi dans les cabinets du préau.

Nous n'avons pas le droit de sortir avant. Si un élève demande, la maîtresse lui signale qu'il doit prendre ses précautions avant de rentrer en classe.

 

J'aime pas du tout les cabinets. Il faut s’accroupir au dessus d'un trou à la turc dépourvu de chasse d'eau. Chaque soir, la dame qui fait le ménage nettoie au jet d'eau.

Ça sent pas bon l'a dedans et entre copines nous devons nous tenir la porte pour éviter que les garçons regardent par dessous.

Les maîtres ont un vrai WC avec une grande porte dans lequel nous n'avons pas le droit d'aller.

 

Un jour, j'ai glissé et je suis tombée le pied dans le trou. La maîtresse a du téléphoner à mes parents pour que j'aille changer de chaussures.

L'écolière
L'écolière

Dans la cour nous jouons à la marelle, à la corde, à l'élastique, à la balle au mur.

 

Nous faisons aussi des rondes : Sur le pont du Nord, Le fermier dans son pré, Enfilons l'aiguille, Passez pompon......

 

Quand il fait beau nous allons sur l'herbe chercher des grillons et l'hiver nous fabriquons des bonhommes de neige ou des igloos.

 

Nous récupérons aussi des bouts de tuiles ou de craies pour tracer des maisons au sol et jouer au papa et à la maman.

 

Et nous courons tout le temps pour jouer au loup, à la délo, aux gendarmes et aux voleurs, à Tarzan...........

 

Pour reprendre des forces, nous mangeons des choco BN que nos mamans ont soigneusement plié dans un morceau de papier alu ou alors nous aspirons un tube de lait concentré Nestlé.

L'écolière
L'écolière
L'écolière

Ronde enfantine

La délo : Il y a deux équipes qui ont chacune leur maison à chaque bout de la grande cour.
Au signal, les équipes courent partout sur le terrain et doivent s’attraper. Si on retourne dans sa maison on est à l’abri.
Si on nous touche on va en prison dans la maison des autres et on fait une chaîne. On peut être libérer si on nous touche la main.
Pour gagner faut capturer tous les adversaires.

A la cantine nous regardons nos âges au fond des verres Duralex

A la cantine nous regardons nos âges au fond des verres Duralex

Au printemps, l'un ou l'autre apporte un beau bouquet à la maîtresse.

Elle le pose sur son bureau ou le bord de la fenêtre. Le petit écolier reçoit un grand sourire en remerciement.

 

Dans ma classe, il y a le fils de la maîtresse et je suis très intriguée qu'il vouvoie sa mère et l'appelle madame comme nous autres.

 

Un autre jour, on nous distribue des timbres à vendre contre la tuberculose.

J'en vends à mes parents, mes grands-parents et à la tata Marie qui a eu cette maladie et a été soignée en sana.

 

Timbre à vendre pour la tuberculose et joli bouquet pour Mme Martin
Timbre à vendre pour la tuberculose et joli bouquet pour Mme Martin

Timbre à vendre pour la tuberculose et joli bouquet pour Mme Martin

A la fin de l'année, c'est le grand nettoyage. Chaque enfant doit apporter un vieux chiffon et de la cire pour briquer les bureaux avant que la maîtresse nous remette les cahiers de vacances.

 

J'ai toujours aimé la cire qui donne cette odeur rustique si caractéristique associée aux congés.

 

 

L'écolière

L'école est finie, donne moi ta main.

 

 

Et cet été, je vais partir pour la première fois en colonie de vacances.

Rédigé par Véronique

Publié dans #Quand j'étais petite

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Commenter cet article

Yohann 16/02/2015 10:35

Si l'école a beaucoup changé, les petites classes sont restées dans le même esprit.
Les enfants de maternelle, malgré le temps qui passe, me semblent vivre de manière identique, ces heures en classe.

Evidemment, les lieux ont changé, surtout dans les villes, mais je me souviens comme dans un flou, des "rigueurs" de l'éducation de cette époque où les enfants prenaient part à la vie de la classe.

L'exemple du nettoyage et cirage de bureau en fin d'année scolaire en est un bel exemple !

Souricette 16/02/2015 19:44

Voila pourquoi je ne reconnais dans cette école la même époque que toi.
Et oui Yohann le nettoyage et cirage des bureaux en est un bel exemple mais plus d'actualité pour les petits écoliers de nos jours, c'est plutôt la dégradation...

Amitiés

Marie

Souricette 15/02/2015 20:29

Wouah on dirait mon histoire... Les mêmes souvenirs, les mêmes jeux, les même cahiers, le respect et le silence... On doit avoir le même, mon institutrice s'appelait Mme Chieux, le taille crayon mon jeu de classe préférait, et les boules de savon jaunes, l'odeur des toilettes, je fais un voyage en arrière.... Merci

Véronique 16/02/2015 09:05

Je suis née en 1964

Souricette 15/02/2015 21:22

Je ne sais pas mais en tout cas j'ai vécu cela aussi j'ai 50 ans et toi ?

Véronique 15/02/2015 20:30

On a le même âge Souricette?